Image d'un réseau de régulation génétique

Des réseaux de régulation biologique à leurs propriétés dynamiques qualitatives : synthèse de l’exposé donné par Denis Thieffry à Nantes

Comme certains d’entre vous le savent, mes travaux de recherche portent notamment sur la bio-informatique, et plus spécifiquement la biologie des systèmes (c’est-à-dire le domaine scientifique consistant à intégrer des données biologiques de nature différente, notamment par des approches mathématiques et informatiques, pour une meilleure compréhension des systèmes). Ces termes sont souvent l’objet d’une mauvaise compréhension ou de fantasmes. Pour y remédier, j’essaierai de présenter, de temps en temps, des articles sur ce sujet. Aujourd’hui, je vous propose une synthèse de l’intervention de Denis Thieffry (Professeur des Universités à l’École Normale Supérieure) donnée ce jeudi 10 mai 2012 à Nantes.

Les enjeux d’une modélisation logique des mécanismes de régulation

Au niveau d’une cellule, les choix sont nombreux : prolifération, différentiation, mort, … Devant des mécanismes de régulation très complexes, la question centrale est de savoir comment les décisions sont prises. La modélisation dynamique doit permettre de comprendre fonctionnellement les réseaux, mais également de prédire le comportement des systèmes dans des situations nouvelles et d’aider à la conception de nouvelles expérimentations.

Denis Thieffry distingue trois familles différentes d’approches :

  • concevoir des cartes d’interactions (cf. les implémentation dans CellDesigner, Cytoscape) ;
  • construire des modèles quantitatifs (équations différentielles, équations stochastiques, etc.), mais il faut avoir un certain nombre d’informations sur les paramètres ;
  • développer des modèles logiques, dans un premier temps booléens, des réseaux de régulation cellulaire.

C’est cette dernière méthode qui est approfondie dans les travaux de Denis Thieffry.

Les premières recherches sur les réseaux booléens ont été menées par Stuart A. Kauffman (1969). En parallèle, le biologiste René Thomas a eu l’idée de formaliser le comportement du phage-lambda avec une approche booléenne (1973).

La modélisation logique des réseaux de régulation repose sur la combinaison d’un graphe de régulation (dans lequel les noeuds du graphe représentent les éléments de régulation, et les arcs traduisent les régulation) et de règles logiques spécifiant l’impact des régulateurs.
René Thomas (et ceux qui ont repris son approche en Europe) a envisagé le modèle sous une hypothèse asynchrone tandis qu’aux États-Unis, Stuart A. Kauffman autorisait les mises à jour synchrones. Entre ces approches, Denis Thieffry et son équipe ont introduit une vision mixte (Fauré et al. Bioinformatics, 2006). Il s’agit de définir deux classes de priorité :

  • des synthèses lentes qui sont synchrones entre elles ;
  • des dégradations rapides qui sont synchrones entre elles.

Un logiciel implémentant les résultats théoriques obtenus : GINsim

Pour manipuler informatiquement ces réseaux, Denis Thieffry et Claude Chaouiya développent le logiciel GINsim depuis une dizaine d’années. Les outils intégrés dans GINsim sont notamment :

  • l’identification des attracteurs ;
  • l’analyse des circuits de régulations ;
  • une réduction automatique des modèles ;
  • plus récemment, une compression des graphes de transitions.

Afin de faire du model-checking, des exports vers les réseaux de Petri discrets et colorés sont proposés. Mais des travaux sont également menés autour de la programmation par contraintes, afin d’identifier des informations manquantes (tels des seuils ou des règles logiques) dans des modèles.

Analyse des modèles

René Thomas a subodoré dès les années 70 (puis formalisé dans les années 80) le rôle des circuits dans les mécanismes de régulation, distinguant l’impact des circuits positifs (conduisant à un état stable) et négatifs (menant à des propriétés d’oscillations entretenues ou amorties). René Thomas a posé :

  • un circuit positif est nécessaire pour générer de multiples états stables ou attracteurs ;
  • un circuit négatif est nécessaire pour des mécanismes oscillatoires.
Depuis ces hypothèses ont fait l’objet de nombreux travaux mathématiques les démontrant.

Le problème général auquel on fait face réside dans l’explosion des graphes de transitions. De premiers défis consistent à se pencher sur la réduction du modèle, l’identification des attracteurs, la temporisation… et la compression des graphes de transitions. Une approche naïve consiste d’abord à opérer un regroupement par composantes fortement connexes. Mais le choix fait par Denis Thieffry et ses collaborateurs est d’avoir une représentation plus compacte, basée par un rapprochement des composantes qui ont un comportement asymptotique similaire. En raisonnant sur ce graphe compressé, on peut identifier des transitions caractéristiques pour faire des choix (par exemple entre deux attracteurs). Pour en savoir plus, consulter cette contribution de 2010 sur les “hierarchical state transition graphs“.
Cela dit, il faut avoir conscience que ce regroupement des états ayant un même comportement asymptotique aboutit à une sur-approximation de la dynamique.

Modélisation de la spécification de l’évolution de l’hématopoïèse (cellules du sang chez les mammifères)

De manière assez récente, Denis Thieffry travaille avec un laboratoire espagnol (le Center for Genomic Regulation de Barcelone mené par Thomas Graf) pour étudier le système biologique de différentiation de cellules du sang.

Sur ce système, on sait que :

  • dans le processus d’évolution de ces cellules, il y a un certain nombre de pertes de fonctions ;
  • quels sont les facteurs de transcription importants dans les différents types cellulaires ;
  • dans certains cas, l’ordre d’expression des facteurs de transcription est important car ne conduisant pas au même type de cellule (effet sur la différentiation de ces cellules) ;
  • il est possible de reprogrammer ces cellules : à partir d’un progéniteur, en forçant l’expression de tel ou tel facteur de transcription, on peut obtenir un autre type cellulaire.

Quelques enjeux au niveau de la modélisation et des question auxquelles le bio-informaticien souhaiterait pouvoir répondre :

  • Comment une cellule choisit tel ou tel chemin de différentiation ?
  • Comment peut-on changer ce chemin de différentiation ?
  • Est-ce que la reprogrammation cellulaire peut être plus efficace en forçant l’expression de tel ou tel facteur de transcription ?

La construction du modèle complet d’un tel système aboutit à un graphe beaucoup trop large pour sa compréhension immédiate. Heureusement, la compression du graphe de transitions conduit à un modèle beaucoup plus facile à analyser. Il a également été possible de mettre en évidence les différents circuits positifs en jeu. La méthodologie, ainsi que les résultats afférents, sont détaillés dans plusieurs documents disponibles sur Internet.

Bandeau pour Macross Frontier Itsuwari no Utahime

Macross Frontier Gekijō-ban ~Itsuwari no Utahime~ (Macross Frontier the Movie: The False Songstress)

À quoi tient mon attrait pour Macross ? Un savant mélange de mécha, de triangle amoureux, de caractères bien trempés et, surtout, de musique. Macross Frontier, dernier univers en date placé sous ce label, m’avait de suite séduit par ses chansons (et son générique interprété par Māya Sakamoto) et par sa réalisation léchée. Le produit tenait ses promesses, même si le personnage principal (Alto) faisait pâle figure face aux deux figures féminines. L’une, Sheryl, était élégante et entreprenante, tandis que la seconde, Ranka, restait plus naïve, parfaite image de femme-enfant. Alto allait-il réussir à y trouver sa reine de coeur ?

Visuel promotionnel pour la série animée Macross Frontier diffusée du Japon entre avril et septembre 2008

Visuel promotionnel pour la série animée Macross Frontier diffusée du Japon entre avril et septembre 2008

Après le succès de la série de 25 épisodes, Macross Frontier s’est vu décliné en deux longs-métrages. Le premier (Macross Frontier Gekijō-ban ~Itsuwari no Utahime~, ou Macross Frontier the Movie: The False Songstress) est sorti dans les cinémas japonais le 21 novembre 2009, puis en DVD et Blu-ray en octobre 2010. Le second est arrivé dans les salles obscures nipponnes le 26 février 2011, puis en DVD et Blu-ray au Japon le 20 octobre 2011.

Les films rebattent les cartes, en reprenant certes les mêmes personnages, mais en les plaçant dans des situations (légèrement) différentes. Ni résumé, ni intrigue totalement originale, le scénario suit le même fil rouge que la série. À savoir l’apparition de mystérieux extra-terrestres qui mettent en péril les stations orbitales sur lesquelles vivent désormais les humains. Mais les producteurs ont su s’adapter à la contrainte d’un long-métrage de cinéma, en évitant des scènes d’exposition excessivement longues (et dommageables au niveau du rythme).

Itsuwari no utahime saura plaire au fan comme au néophyte, en offrant un séjour bref, mais intense, en plein coeur de la saga Macross Frontier. Les personnages sont fidèles à leur alter-ego de la série. Les spectateurs se déchireront une nouvelle fois pour savoir qui, de Ranka ou de Sheryl, devrait avoir les faveurs d’Alto. Un petit jeu auquel il est sympathique de se prêter. Justement, Sheryl illumine la scène, avec de nouvelles chansons qui restent en tête longtemps après le générique de fin (Universal Bunny, Obelisk) et des mises en scène flamboyantes (à l’image de la transformation de son auditorium de concert en navire de proue).

Jaquette du CD Universal Bunny par Sheryl Nome/May'n, sorti peu avant le premier film de Macross Frontier

Jaquette du CD Universal Bunny par Sheryl Nome/May'n, sorti peu avant le premier film de Macross Frontier

Une nouvelle fois, la franchise Macross Frontier fait ainsi l’objet d’une belle exploitation : un CD spécial, signé Sheryl Nome, avait fait son apparition dans les bacs japonais juste avant l’arrivée dans les salles du premier long-métrage. Et nous savons déjà qu’un autre album nous attend en décembre prochain, quelques mois avant la projection de la conclusion de la saga. “Commercial”, diront certains rabats-joies ? Oui, peut-être, mais pourquoi bouder son plaisir quand l’ensemble est si bien mené ? Et l’un des talents des Japonais se révèlent là : parvenir à faire vivre une franchise au-delà des seuls événements que représente la sortie d’un film ou d’un DVD. Des albums des personnages de la série, en passant par ceux des interprètes de ces mêmes personnages (May’n et Megumi Nakajima, qui ont entamé ainsi une belle carrière), sans oublier le DVD du concert “live” donné en l’honneur de l’univers, le public a pu profiter d’au moins une sortie notable chaque trimestre ! Cela fait maintenant plus de 4 ans que le volet “Frontier” s’est ouvert et parvient à conserver l’intérêt des fans. On espère que cela va durer, et qu’à l’instar de May’n (qui a donné un concert à Japan Expo 2011 et qui se produira à nouveau sur scène à Paris en septembre 2012), Megumi Nakajima, Māya Sakamoto ou encore Yōko Kanno rendront visite prochainement à leurs fans français.

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L’Arc~en~Ciel – 20th L’Anniversary WORLD TOUR 2012 : de retour du concert au Zenith de Paris

Quatre ans… c’est le temps qu’il aura fallu attendre pour revoir en France L’Arc~en~Ciel, groupe phare de la scène pop-rock japonaise. Lors de sa première prestation hexagonale, en 2008, Hyde, Tetsu, Ken et Yukihiro (le chanteur, bassiste, guitariste et percussionniste) avaient promis qu’ils reviendraient fêter les 20 ans de leur composition. Ils n’ont pas menti. Et le spectacle était à la hauteur de nos espérances !

Forcément, il s’en est est passé des choses en quatre ans.

Pour ce nouveau passage de l'Arc~en~Ciel au Zenith de Paris, le décor était peut-être sobre, mais les jeux de lumières étaient renversants.

Pour ce nouveau passage de l'Arc~en~Ciel au Zenith de Paris, le décor était peut-être sobre, mais les jeux de lumières étaient renversants.

Même s’il ne semble pas vieillir (et c’est la grande surprise de la soirée !), le public français a mûri. Cela se sent dans sa participation tant physique que vocale. Ainsi les spectateurs s’équipent désormais en glowsticks, ces bâtons de lumière qui permettent de battre le rythme avec les musiciens. L’ambiance en est radicalement modifiée, les séquences de noir profond laissant transparaître des lumières diffuses dans la salle. Surtout, la connaissance des chansons – et de leurs paroles – est bien meilleure. Évidemment, cela ne veut pas forcément dire que tous les Français apprennent le japonais. Mais les venues régulières d’artistes japonais et la diffusion quotidienne de clips de jpop sur la chaîne de télévision Nolife concourent grandement à la démocratisation de la musique et des textes qui vont avec. Du coup, l’atmosphère dans le public était très différente de celle de 2008 : quand les spectateurs avaient alors l’impression de vivre l’expérience unique d’une vie, ils savent désormais que la rencontre pourrait se reproduire… et ont à coeur de communier avec leurs idoles sans penser au lendemain.

Pour animer un des intermèdes vocaux, Ken était venu avec quelques cadeaux pour Hyde.

Pour animer un des intermèdes vocaux, Ken était venu avec quelques cadeaux pour Hyde.

De leur côté, les membres de L’Arc~en~Ciel paraissaient beaucoup plus détendus et heureux d’être là. Alors que la performance de 2008 en France paraissait être un excellent coup de pub’ vis-à-vis du public japonais, le spectateur hexagonal avait paru abandonné au niveau de la communication autour de l’événement. Il en était de même de la distribution alors très lacunaire des albums studios en magasins (physiques et virtuels). Depuis, les choses ont bien changé : les nouvelles sorties de l’Arc~en~Ciel bénéficient d’une diffusion hexagonale (voire européenne) et la tournée mondiale a fait l’objet d’une campagne publicitaire dans les différents pays visités. Mine de rien, cela fait plaisir de voir une publicité pour le groupe dans un magazine bien français tel que Les Inrockuptibles. L’aura de l’Arc~en~Ciel dépasse depuis longtemps les frontières de l’archipel nippon, ce que les quatre piliers du groupe semblent désormais comprendre, apprécier et défendre. Il n’y a qu’à voir, pendant le concert, leurs efforts pour parler français lors des intermèdes vocaux.

Durant la performance magistrale de l'Arc~en~Ciel sur Niji, des plumes descendaient du ciel, renforçant la grâce de la fin de concert.

Durant la performance magistrale de l'Arc~en~Ciel sur Niji, des plumes descendaient du ciel, renforçant la grâce de la fin de concert.

À l’issue d’une prestation dense, spectaculaire et intense, L’Arc~en~Ciel paraît désormais se positionner sciemment comme le groupe phare du rock japonais. On ne peut que s’en réjouir et espérer que le Roi saura défendre sa couronne lors des années à venir. Il ne nous reste plus qu’à croiser les doigts pour que la Reine de la pop japonaise, Hamasaki Ayumi, envisage à son tour de nous rendre une petite visite !

Quelques photos “bonus” pour terminer :

Lors de leurs interventions, les membres du groupe ont fait l'effort de parler en français. Ici, Ken s'apprête à révéler les cadeaux qu'il a amenés pour Hyde.

Lors de leurs interventions, les membres du groupe ont fait l'effort de parler en français. Ici, Ken s'apprête à révéler les cadeaux qu'il a amenés pour Hyde.

Hyde, heureux avec les Tour Eiffel que lui a ramenées Ken… mais encore plus par celle remplie d'alcool.

Hyde, heureux avec les Tour Eiffel que lui a ramenées Ken… mais encore plus par celle remplie d'alcool.

Tetsu, magistral à la basse, a semblé beaucoup plus apprécier ce concert parisien qu'en 2008.

Tetsu, magistral à la basse, a semblé beaucoup plus apprécier ce concert parisien qu'en 2008.

Final éblouissant sur Niji

Final éblouissant sur Niji

Couverture du tome 1 d'Un Prince à Croquer de Patricia Lyfoung

Un prince à croquer, une nouvelle série BD jeunesse à déguster

C’est avec la Rose Écarlate que Patricia Lyfoung s’est fait connaître du grand public. En 2010, elle a signé le scénario de Comme ton Ombre, avec Manboou au dessin. Aujourd’hui, nous pouvons explorer une autre facette de son univers avec une nouvelle série dont elle est à la fois scénariste et dessinatrice : Un Prince à Croquer. L’histoire se situe à notre époque. On suit le dilemme du Prince Nicolas auquel ses parents posent un ultimatum : il devra se marier pour ses 26 ans ou abdiquer. Ne connaissant absolument pas la femme qui lui est promise, il préfère s’enfuir à Paris avec un de ses gardes du corps. Là-bas, il va croiser la route de Margot, une jolie parisienne qui n’a qu’une passion : la cuisine. Celle-ci est dotée d’un très fort caractère, et la rencontre avec le prince, qui cherche à passer incognito, ne manquera pas de sel.

Un Prince à Croquer est évidemment disponible au format papier en librairie, mais également au format électronique sur l'iBookStore d'Apple (iPhone/iPad)

Un Prince à Croquer est évidemment disponible au format papier en librairie, mais également au format électronique sur l'iBookStore d'Apple (iPhone/iPad)

L’intrigue ne manque pas de faire écho à l’actualité. Comment ne pas reconnaître un peu du Prince Albert de Monaco ou de William d’Angleterre dans le personnage principal de cette aventure ? Comment ne pas sentir dans la passion de Margot le même enthousiasme pour la cuisine que celui témoigné par les candidats de jeux télévisés tels que Top Chef ou MasterChef ? Le mélange des genres n’en est que plus plaisant. On retrouve immédiatement le dessin dynamique et fin de Patricia Lyfoung. Cela fait bien plaisir de voir son trait s’épanouir dans un univers contemporain. Cerise sur le gâteau, de petites surprises se cachent parfois au coin des cases, telles ces références à Maison Ikkoku, Star Trek ou Terminator.

Gageons qu’Un Prince à Croquer se fera facilement une place dans l’univers de la BD jeunesse. Le titre le mérite. Mon seul regret : devoir attendre un an avant de lire la suite. Mais, après tout, c’est bien normal car La Rose Écarlate se poursuit en parallèle, et nous pourrons en découvrir le prochain tome à l’automne. Rares sont les auteurs qui arrivent à tenir un tel rythme !

Exposé à l'école EJCIM en mars 2012

La modélisation du temps pour l’étude de systèmes biologiques. Cours à l’École EJCIM 2012.

Du lundi 19 au vendredi 23 mars se tenait à Rennes l’École Jeunes Chercheurs en Informatique Mathématique 2012. À cette occasion, Damien Eveillard, Olivier Roux et moi avons été invités à donner un cours complet sur le thème : “Modélisation du temps pour la vérification des systèmes dynamiques“. Je suis intervenu pour ma part sur l’enrichissement progressif d’un modèle pour la prise en compte de la dimension temporelle dans l’étude des systèmes biologiques. Cette démarche était illustrée sur le cas des réseaux de Petri. Mon diaporama peut être visionné ci-dessous.

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Release of the English edition of our one-shot manga Workaholic on iBookStore

Yesterday was full of great news for our publishing house, Univers partagés éditions: the English edition of Workaholic released officially on iBookStore, and we benefited from two new papers in the press (Nantes-Actu.info and Journal du Japon). That’s very exciting to see the enthusiasm among readers and people around us.

Now that Workaholic is available in English, we hope a wide range of readers will enjoy our eBook. In a few words: Workaholic is a one-shot comic-book that I wrote and which has been brilliantly illustrated by Rosalys. The French version has been released two weeks ago, and now the English version can be downloaded for free on the iBookStore. If you’re looking for a short manga to read on your iPad, feel free to download our story.

Workaholic has just been released in English on the iBookStore

Workaholic has just been released in English on the iBookStore

The description of the book follows:

Amina works as an executive in a state-of-the-art IT company. She joined that company right after getting her degree and progressively climbed up through the ranks. Greater responsibilities also imply greater pressure. Amina spares no effort working overtime. And it’s not unusual for her to leave the office around midnight. But strange events will occur on a stormy night…

A complete story, as a tribute to josei manga.
“Lady” Collection, comic book, 32 pages.
Translated from French by Nocturnal Azure.

Workaholic has just been released in English on the iBookStore

Sortie de la version anglaise de Workaholic et parution de deux articles dans la presse

Journée pleine d’actualité hier pour Univers partagés éditions avec la sortie de l’édition anglaise de Workaholic sur l’iBookStore d’une part, la parution de deux articles dans la presse sur notre projet d’autre part.

Nous espérons que cette traduction anglaise permettra à un plus large public de découvrir notre histoire ! En attendant de bien mesurer l’impact de cette version, nous sommes ravis de constater l’enthousiasme que génère notre approche.

Nantes-actu.info nous a gratifié d’un joli article avec du “média enrichi” pour présenter Workaholic et, plus généralement, notre démarche.

Article de Nantes-Actu sur la parution de Workaholic sur iBookStore

Article de Nantes-Actu sur la parution de Workaholic sur iBookStore

Le Journal du Japon, de son côté, s’interroge sur la place du manga numérique dans le paysage éditorial.

Article de Journal du Japon sur la parution de Workaholic sur iBookStore

Article de Journal du Japon sur la parution de Workaholic sur iBookStore

Exemple d'échanges sur Twitter pendant la matinée du e-learning

Les réseaux sociaux en enseignement supérieur. Exposé à la Matinée du E-Learning.

Voilà plusieurs années que je mène différentes expériences autour de l’usage des réseaux sociaux à des fins pédagogiques. Il faut dire que je suis passionné de longue date par les potentialités qu’Internet a ouverte en termes de communication, d’échanges et de co-construction de ressources.

Faisant suite à ces expérimentations, j’ai eu le plaisir d’être invité à intervenir lors de la Matinée du E-learning du 3 février 2012, organisée à l’EM Lyon. L’événement avait pour thème “Twitter dans l’enseignement supérieur“.

Au cours de ma présentation, j’ai dressé le bilan des initiatives intégrant  l’usage de réseaux sociaux (notamment Twitter) dans des dispositifs pédagogiques déployés à l’École Centrale de Nantes depuis 2009. Mon diaporama peut être consulté (et téléchargé) en ligne. Mon exposé était relativement similaire à celui que j’avais donné, deux semaines auparavant, dans le cadre de la réunion des responsables TICE de la région Pays de la Loire. Si vous avez raté mon intervention à Lyon, je vous invite donc à découvrir mon propos dans la vidéo qui suit.

Ma conférence était suivie d’un exposé de Yann Bergheaud, juriste et responsable du e-learning à l’Université de Lyon 3. Il a apporté un regard complémentaire sur les enjeux légaux liés à l’usage d’un réseau social tel que Twitter en pédagogie. Il a notamment évoqué :

  • le droit d’auteur sur un tweet : dès qu’un tweet témoigne de la personnalité de l’auteur, il est protégé par le droit d’auteur. Il en découle que, dans une application stricte de la loi, l’auteur d’un tweet pourrait exiger de contrôler toute copie (retweet) ou modification de son propos initial de 140 caractères.
  • la question de la propriété d’un compte Twitter d’institution géré par un community manager contractuel. Cela ne semblerait pas poser de problème dans le cas d’un compte Twitter institutionnel tenu par un agent contractuel dont la principale mission inscrite à son contrat serait l’animation de l’identité numérique de l’établissement sur les réseaux sociaux. Ce serait moins évident dans le cas où l’animation du compte ne figurerait pas dans le contrat (avec une possibilité pour l’animateur du compte d’en revendiquer la propriété ?). En tout cas, le sujet paraît chaud aux Etats-Unis.
Après un certain nombre de mises en garde, Yann Bergheaud a modulé son discours en expliquant que le travail d’un juriste, c’est de montrer le pire, autrement dit tout ce qui peut arriver. Après, en tant qu’utilisateur, il s’agit de faire une analyse du risque. Et, dans le contexte de l’enseignement supérieur, le risque est modéré.
Il reste toutefois important de sensibiliser les étudiants au problème de la maîtrise de leurs données. Et de réfléchir, pour un passage à l’échelle de ces expérimentations, aux moyens logistiques et techniques qui permettraient aux établissements d’enseignement supérieur de proposer des solutions maîtrisables et traçables (telle l’installation, par exemple, de solutions libres sur leurs serveurs).

L’auditoire, composé d’une soixantaine de personnes, s’est en tout cas emparé avec passion de ces sujets. La matinée fut largement live-tweetée. De plus, certains participants ont réalisé une synthèse collaborative des échanges que je vous recommande.

Pendant les exposés, le public a partagé ses impressions en direct sur Twitter. Cela a contribué à la visibilité des échanges auprès d'un large public intéressé par les TICE, et pas uniquement envers l'auditoire présent à Lyon.

Pendant les exposés, le public a partagé ses impressions en direct sur Twitter. Cela a contribué à la visibilité des échanges auprès d'un large public intéressé par les TICE, et pas uniquement envers l'auditoire présent à Lyon.

Capture d'écran de MarkUs pour l'évaluation d'un document PDF

Apports de MarkUs pour l’évaluation des travaux des étudiants. Exposé au Learning Lab Centrale Lyon/EMLyon.

Ce vendredi 3 février, j’ai été invité à faire une présentation du logiciel libre MarkUs à un panel d’enseignants de l’École Centrale de Lyon et de l’ECAM. MarkUs est une application web qui permet aux étudiants de déposer leurs rapports et leur code, puis aux enseignants de tout corriger en ligne à travers un simple navigateur ! Pour rappel, le projet a reçu la mention spéciale des Trophées des Technologies Éducatives 2011.

Cette présentation s’est tenue dans les locaux du Learning Lab, lieu d’échange et de partage d’expériences tenu par l’École Centrale de Lyon et l’EMLyon. Le diaporama que j’ai diffusé pour l’occasion figure ci-dessous.

L’auditoire semble avoir été sensible au fait que MarkUs nous permette de mieux structurer le processus de rendu des compte-rendus par les étudiants, correction et évaluation par les enseignants, retour vers les élèves de la version annotée par les enseignants. J’ai pu sentir une forte demande envers des fonctionnalités qui font l’objet de nos efforts actuels, notamment :

  • L’aide à la correction, à travers la possibilité pour l’enseignant de savoir si le code soumis par les élèves dans le cadre de TP d’informatique passe – ou non – une série de tests unitaires ;
  • La détection de plagiat ;
  • L’extension de MarkUs à d’autres matières que les enseignements d’informatique.

J’espère que mon exposé aura suscité des vocations et que de nouveaux enseignants auront envie d’utiliser MarkUs !

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La contribution d’étudiants de Centrale Nantes à des projets libres. Exposé à l’IRILL.

La philosophie du logiciel libre (entre autres : libre utilisation, libre redistribution, possibilité de modification et d’amélioration itérative d’un programme) me tient à coeur depuis de nombreuses années. Ce n’est pas un hasard si, quand j’étais étudiant, j’avais été amené à travailler sur une étude bibliographique de ce domaine.

Une fois recruté à l’École Centrale de Nantes en 2008, je tenais à proposer aux étudiants des projets autour du libre. De fil en aiguille – grâce également à des élèves motivés et des communautés ouvertes aux contributions estudiantines -, nous avons pu bâtir une collaboration solide autour de deux logiciels, OpenOffice.org d’une part, MarkUs d’autre part. Nous en avons dressé un bilan publié lors du colloque QPES’2011. Faisant suite à cette action de valorisation, nous avons été invités par Roberto Di Cosmo, Albert Cohen et Ivaylo Ganchev à présenter notre dispositif lors de la journée “Logiciels libres et enseignement supérieur”. Cet événement passionnant et très sympathique s’est tenu le jeudi 2 février 2012 dans les locaux de l’IRILL à l’antenne parisienne de l’INRIA. J’étais accompagné de Nelle Varoquaux et Benjamin Vialle qui ont participé à ces projets en tant qu’étudiants, et qui poursuivent leur action en tant que mentor maintenant qu’ils sont diplômés. Lors de l’intervention que nous avons réalisée ensemble, ils ont apporté un regard complémentaire sur ces projets, à la fois sur le défi (et l’apport) que cela représente et sur les tâches du mentor technique. Le diaporama de notre exposé figure ci-dessous.

Cette journée dédiée à l’intégration des logiciels libres dans l’enseignement supérieur constituait un événement rare et enrichissant. Il est remarquable de noter les ressemblances entre bon nombre d’expériences, notamment la récurrence du co-encadrement, avec un superviseur de l’équipe pédagogique d’une part, un mentor technique de l’équipe de développement d’autre part. Voici quelques pointeurs qui m’ont paru intéressants (je n’ai malheureusement pas pu assister à tous les échanges car je devais ensuite partir sur Lyon) :

  • L’Université Paul Sabatier et la communauté KDE ont proposé pendant 5 ans des projets libres aux étudiants, sous l’impulsion de Kevin Ottens.
  • La MIAGE de l’Université d’Evry dispose d’un projet dédié à la contribution des étudiants à des modules développés par la fondation Mozilla : le projet CoMETE concerne ainsi plusieurs dizaines d’élèves chaque année.
  • À l’Université de Paris VIII, Ivaylo Ganchev et Karine Mordal proposent depuis cette année aux étudiants de participer à des projets libres, notamment autour de VideoLAN.
  • Concernant VideoLAN/VLC, qui est justement un projet issu de l’École Centrale de Paris, Jean-Baptiste Kempf est revenu sur la génèse du logiciel. Un développement qui s’est éloigné de son établissement d’origine (malheureusement pour ce dernier), mais dont 80% des contributeurs restent des anciens élèves de Centrale Paris.
  • L’Université du Littoral dispose de la seule formation diplômante au niveau Master 2 dans le secteur du logiciel libre : le Master Ingénierie du Logiciel Libre, qui va changer de modalité à partir de la rentrée 2012 et devenir un cursus par apprentissage.

Il était bien plaisant de constater que les initiatives pour intégrer le libre dans les cursus d’enseignement supérieur ne sont pas isolées. Espérons que le mouvement ne fera que s’amplifier dans les prochaines années !