Création artistique : s’inspirer n’est pas piller – le cas Desplechin/Denicourt

Le tribunal de grande instance de Paris a rendu hier son verdict quant à la procédure que Marianne Denicourt avait entamé contre le cinéaste Arnaud Desplechin. L’actrice reprochait notamment à son ancien compagnon d’avoir utilisé des éléments de son histoire personnelle pour construire le personnage de Nora, l’héroïne de Rois et Reine.

Marianne Denicourt a été déboutée des dommages et intérêts qu’elle demandait. Le tribunal explique en effet que “tout en soutenant qu’elle peut être identifiée par le spectateur au personnage de Nora, la demanderesse relève elle-même le défaut de ressemblance de ce prétendu portrait et, spécialement, les très nombreuses différences qui rendent particulièrement aléatoires ces identifications.“. Et “s’il est incontestable qu’Arnaud Desplechin, comme le souligne également la critique, a construit ce film autour de sa propre personnalité, de ses obsessions, de son histoire et de celle de ses proches, qu’il n’a pas hésité à s’annexer, il a créé une œuvre de fiction qui ne saurait se réduire aux identifications alléguées en demande“.

Par cette décision, les juges ont préféré protéger l’auteur et sa démarche de création. Ils ont toutefois ajouté que le metteur en scène avait pu manquer aux “exigences de délicatesse“, reconnaissant que Marianne Denicourt “a souffert de voir ces événements douloureux de sa vie privée utilisés par son ancien compagnon“. De fait, elle n’a pas été condamnée en retour, ce que demandait le producteur du film.

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