Une chanteuse à découvrir : Berry

Jaquette de l’album Mademoiselle de BerryVoilà près de 4 mois – depuis La Mécanique du Cœur de Dionysos – qu’aucun album de chanson française n’avait pas réussi à véritablement me toucher. Et c’est une demoiselle jusque là inconnue au bataillon qui aura réussi à me faire sortir de mon hibernation musicale dans le domaine. Berry, c’est son nom d’artiste, interprète des chansons douces et aériennes qui ne sont pas sans rappeler les ritournelles d’une autre belle de la nouvelle scène, Rose. Mais l’ensemble va au-delà des étiquettes : si l’orchestration emprunte au folk et les textes à la poésie (les deux dernières pistes mettent d’ailleurs en musique des écrits de Verlaine), cela n’empêche pas l’émergence de nouveaux métissages ou de sonorités inédites, tels ces surprenants chœurs africains sur Demain. Les morceaux sont fin, très bien ciselés et donnent à l’album un charme fou. Une jolie façon d’entamer le printemps et d’accompagner nos bonheurs présents et à venir !

Mademoiselle, par Berry
Genre : chanson française

Mon avis : Indispensable !

Bleach – Shattered Blade, sur Wii

Jaquette de Bleach - Shattered Blade - sur Nintendo WiiTous les spécialistes de jeux vidéo vous le diront : rien n’est plus aléatoire que la qualité d’un jeu vidéo “à licence”, autrement dit inspiré d’un film ou d’une série à succès. Dans ce domaine, le pire (À la Croisée des Mondes) côtoie le meilleur (Dragon Ball Z Budokai Tenkaichi 3). Alors quand on voit débarquer en France, simultanément, deux adaptations vidéo-ludiques du manga à succès Bleach – l’une sur Nintendo DS, l’autre sur Wii -, la méfiance précède l’enthousiasme. À plus forte raison sur la Wii, dont les manettes sont à l’origine de grands succès (Rayman contre les Lapins Crétins) comme de retentissants échecs (le musical Boogie). Et les premières minutes de prise en main de Bleach – Shattered Blade –
ne sont pas là pour rassurer : les contrôles paraissent flous, les coups approximatifs et le système de jeu beaucoup trop simpliste. Les combats s’enchaînent, on fait un petit tour par le didacticiel… et on commence alors à véritablement saisir l’essence de ce jeu. On découvre les coups spéciaux (3 par personnage), les mécanismes permettant de créer des enchaînements, la transformation dans un mode de puissance supérieur (le fameux Bankai cher aux fans de l’œuvre de Tite Kubo) et le coup ultime propre à chaque protagoniste. On finit dès lors par comprendre que ce n’est pas un hasard si c’est un éditeur aussi réputé que Sega qui se cache derrière cette transposition sur Wii.

Si les commandes sont généralement communes à tous les personnages, ceux-ci disposent de spécificités suffisamment marquées pour se jouer de manière très différente : certains sont plus portés sur le corps à corps (Zaraki Kenpachi), d’autres sur le combat à distance (Uryu Ishida), tandis que les principaux héros de la série arborent un profil plutôt équilibré (Ichigo, Hitsugaya). Les graphismes ne sont pas en reste. Et même s’ils auraient pu être plus léchés, ils sont suffisamment réussis pour qu’on plonge véritablement dans l’univers du manga. Au final, ce Bleach – Shattered Blade – est une jolie réussite. Encore faut-il, pour s’en rendre compte, aller au-delà de premières impressions assez calamiteuses.

En bonus, voici ce à quoi on ressemble quand on passe un peu trop de temps à y jouer…

Bleach – Shattered Blade, sur Nintendo Wii
Genre : jeu de combat
Éditeur : Sega

Mon avis : Recommandé

Le Mont du Sud, de Pocket Chocolate

Couverture du Mont du Sud, par Pocket ChocolateZhiqiang est un jeune adulte chinois qui n’arrive pas à se plier aux contraintes de rentabilité et d’efficacité que beaucoup d’entreprises ont pour seule ligne de mire. Alors il se trouve contraint de démissionner de son énième job. Un peu perdu, il tombe par hasard sur l’annonce pour un grand concours de photographies. Une coïncidence qui réveille en lui son rêve d’enfant de devenir photographe professionnel. Il avait d’ailleurs promis à son amie de jeunesse de se rendre avec elle au Mont du Sud, un lieu magique où des souhaits sincères peuvent se réaliser, endroit qu’il désire désormais immortaliser. En retournant sur les traces de ses rêves passés, Zhiqiang se redécouvre. Une trame cousue de fil blanc qui passerait totalement inaperçue si elle n’était pas mise en images par Pocket Chocolate. L’auteur dépeint des personnages et des décors absolument magnifiques : on ne peut qu’être bouche bée devant chacune des planches du jeune artiste chinois.

Un beau conte asiatique, entre tradition et modernité, carcan social et aspiration à la réalisation de soi. Dommage, toutefois, que le dénouement soit expédié si rapidement.

Le Mont du Sud, par Pocket Chocolate
Récit complet en un tome
Genre : recherche de soi
À partir de 14 ans
Éditeur : Xiao Pan

Mon avis : Pourquoi pas ?

Nanami T.2, de Nauriel, Corbeyran et Sarn

Couverture du deuxième tome de NanamiDans le premier tome de Nanami, la jeune héroïne du même nom découvrait un mystérieux livre dont les écrits se matérialisaient dans le monde réel dans certains conditions. Ainsi, lorsqu’elle montait sur les planches pour répéter avec ses acolytes du théâtre des Quatre Vents, elle se retrouvait projetée dans une réalité alternative où chaque péripétie était vécue “pour de vrai”. Au cours de ce deuxième volet, Nanami continue d’explorer le champ des possibles, sans prendre encore bien conscience des enjeux dans lesquels elle est désormais impliquée. L’âge de raison viendra plus tard. D’ici là, elle doit apprendre à s’affirmer, à faire des choix et à mesurer la portée de chacun de ses actes. Le scénario de Corbeyran et Sarn peut ainsi être perçu comme le récit d’une adolescence, entre frustrations et rêves grandiloquents. Le théâtre sur lequel intervient Nanami est un espace d’affirmation privilégié. Cette expérience apporte à l’adolescente un éclairage nouveau sur elle-même ainsi que sur ses velléités d’indépendance.

Nanami est une très belle BD d’aventure à destination des 12-18 ans et, plus particulièrement, des adolescentes de cet âge. Le dessin de Nauriel est joli (et carrément enthousiasmant pour ce qui est des couvertures) et se marie parfaitement avec l’ambiance générale dépeinte par les scénaristes. Nauriel, Corbeyran et Sarn : un trio gagnant qui, espérons-le, parviendra à maintenir ce très bon cap jusqu’au dénouement de cette série !

Nanami T.2, par Nauriel, Corbeyran et Sarn
Série en cours, deux tomes parus sur quatre prévus
Genre : fantastique
À partir de 11 ans
Éditeur : Dargaud
Collection Cosmo

Mon avis : Recommandé

Hollywood Jan, de Bastien Vivès et Michaël Sanlaville

Couverture de Hollywood Jan de Bastien Vivès et Michaël SanlavilleJan est en plein dans l’âge ingrat : l’entrée au lycée, les boutons d’acné et les filles qui commencent à faire tourner la tête des garçons. Il a l’habitude d’être laissé pour compte, moqué, stigmatisé. Alors quand la réalité devient trop dure, il sait qu’il peut se reposer sur ses amis d’enfance : Sylvester, Russel et Arnold. Une armada imaginaire toujours prête à rendre service. Jusqu’au jour où Jan va commencer à bâtir de vraies amitiés, ce qui ne manquera pas de provoquer l’ire de certains de ses compagnons d’antan.

Après Elle(s) qui lui aura valu de percer dans le monde de la BD, Bastien Vivès signe, avec Hollywood Jan, son deuxième album. Pour ce nouveau titre, il s’est adjoint les services de Michaël Sanlaville, un de ces complices. Ensemble, ils réalisent une histoire touchante sur la traversée de l’adolescence. Le dessin est vif, le découpage des planches nerveux et le morcellement de l’intrigue en courts chapitres permet de multiplier les tranches de vie. On sent bien que les auteurs se sont amusés avec leurs personnages, n’hésitant pas à grossir le trait quand ils dépeignent des scènes embarrassantes. L’ensemble est dynamique et se lit en toute fluidité. La collection KSTR, qui se revendique “rock’n roll”, débute l’année en haut des charts !

Hollywood Jan, par Bastien Vivès et Michaël Sanlaville
Récit complet en un tome
Genre : récit initiatique
À partir de 14 ans
Éditeur : KSTR

Mon avis : Pourquoi pas ?