Sauf le respect que je vous dois, de Fabienne Godet

Deuxième volet de mes critiques consacrées à la représentation du travail au cinéma, avec Sauf le respect que je vous dois.

François (Olivier Gourmet) est un cadre d’une quarantaine d’années. Il a consacré beaucoup d’énergie à son entreprise, ce que ne manquent pas de lui reprocher parfois sa femme et son fils. Car quand le patron demande d’avancer un rendez-vous avec d’importants clients, François accepte sans broncher de renoncer à ses vacances posées de longue date. Seulement, tout le monde n’est pas aussi docile : il y a Marc, notamment, avec lequel François a sympathisé. Marc refuse de sacrifier sa vie pour son travail et de faire des heures supplémentaires à n’en plus finir. Mais y-a-t-il encore une place, dans l’économie d’aujourd’hui, pour des personnes qui refusent les petites résignations quotidiennes ?

Après Ressources Humaines ou Violence des échanges en milieu tempéré, voici une nouvelle fiction qui se penche sur le monde (pas toujours reluisant) du travail en entreprise. Sauf le respect que je vous dois est ciselé comme un thriller. Olivier Gourmet interprète magistralement un anti-héros amené à remettre en question ses principes. Les autres acteurs ne sont pas en reste. Même si certains ne font qu’un bref passage à l’écran (Julie Depardieu ou Marion Cotillard), ils parviennent à donner à leur personnage l’épaisseur qu’exigeait ce scénario difficile. Fabienne Godet s’attache à analyser les mécanismes pouvant conduire un homme à échapper à l’aliénation auquel on le destine. Par de petites touches subtiles, elle en profite pour évoquer ces hypocrisies et autre humiliations que certains vivent chaque jour sur leur lieu de travail. Une oeuvre pertinente à laquelle il manque seulement un personnage de patron un peu plus complexe. Au final, un film pas fondamental (sur le thème des vicissitudes du milieu professionnel, il vaut mieux aller voir Ils ne mourraient pas tous, mais tout étaient frappés sorti une semaine auparavant), mais agréable. Et une pierre de plus au débat sur la déshumanisation du travail.

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