Frankie, de Fabienne Berthaud

Frankie (Diane Kruger) est mannequin. Elle a 26 ans. Et elle a du être hospitalisée dans une clinique psychiatrique. Le temps pour elle de se reconstruire. Mais comment cette jeune femme à la beauté éthérée a-t-elle pu en arriver là ? C’est en suivant Frankie dans son processus de distanciation quant à ses expériences passées que nous découvrons les germes de la crise présente.

Frankie traite, vous l’aurez compris, de l’impitoyable milieu de la mode. L’apparence y règne en maître. De fait, l’âge devient vite un problème majeur. Diane Kruger est vraiment convaincante dans ce personnage de top-model déchue. Il faut dire que ce rôle entre en résonance avec sa propre trajectoire : elle était en effet mannequin à l’agence Elite avant d’être courtisée par Hollywood (elle s’est récemment faite remarquer dans Troie et dans Benjamin Gates). Fabienne Berthaud a d’ailleurs volontairement conçu ce long-métrage autour d’elle ; elle souhaitait notamment mettre en exergue la solitude que Diane Kruger disait avoir ressenti au cours de cette carrière.

Le film oscille entre documentaire et fiction. Tourné à la caméra DV, avec un budget réduit (sans que cela ne soit jamais explicitement visible à l’écran) et des acteurs jouant leur propre rôle (ainsi des pensionnaires la clinique médicale dans laquelle se déroule une partie du film ; mais aussi de Gérald Marie, président de l’agence Elite, qui interprète le directeur d’agence ou encore du photographe de mode Christian Wigert), Frankie montre une réalité moins glamour que ne le suggèrent les magazines de mode. Seule véritable concession de la réalisatrice à l’esthétique, ces quelques scènes “clip” associant images du quotidien de Frankie et musique indépendante (de bon goût, il faut le préciser).  Le tournage s’étant étalé sur trois ans, Fabienne Berthaud (qui signe ici son premier film) a eu le temps de mûrir son projet. Il en résulte une oeuvre attachante et pertinente sur l’envers du mannequinat. MK2 sort le film dans sa collection “Cinéma Découverte”, et il n’y a pas tromperie sur la marchandise : il s’agit d’une histoire qui mérite le détour !

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