Publication de romans tirés de mangas et d’anime : état des lieux aux Etats-Unis et en France

Dans son numéro d’août, Newtype USA s’intéresse à un phénomène éditorial jusqu’alors relativement marginal en dehors du Japon : la publication de romans adaptés de mangas et d’anime.

Ce n’est que depuis un ou deux ans que les Américains voient apparaître sur les étagères de leurs librairies des ouvrages de ce type. Les débuts furent d’ailleurs assez frileux avec la publication presque confidentielle d’un roman basé sur Onegai Twins et d’un autre sur Clamp School Paranormal Investigators.

Depuis, l’idée a fait son chemin. 2005 restera comme l’année durant laquelle chacun des principaux acteurs du marché américain du manga se sera lancé.

Dans Newtype, Nicole Monastirsky, de Tokyopop, analyse la situation de la manière suivante : lorsqu’il est devenu évident que le manga était un enjeu éditorial majeur, de nombreux sociétés sont apparues et ont tenté d’avoir leur part du gâteau. Dès lors, le marché a fini par atteindre une certaine saturation, au vu de la diversité et du nombre de titres publiés chaque mois. Tokyopop a donc décidé d’explorer de nouveaux domaines et, en particulier, l’édition de ces romans inspirés de/ayant inspiré des mangas/anime. C’est dans ce contexte que Tokyopop a tâté le terrain, publiant Clamp School Paranormal Investigators et les romans de Slayers. Alors que ces nouveaux produits n’ont pas fait l’objet d’une campagne de promotion particulière, ils se sont relativement bien vendus.
J’ouvre une petite parenthèse à ce propos : Slayers est une série que j’avais beaucoup appréciée lorsque sa version animée était arrivée en France, au début des années 2000. Et c’est avec une joie non dissimulée que j’avais appris l’édition de ces romans aux Etats-Unis. Ces livres contiennent en effet des clefs permettant une meilleure compréhension de l’oeuvre ; il est donc vraiment agréable de pouvoir y accéder. Voilà plusieurs années que les fans américains faisaient ce raisonnement, espérant que ces ouvrages soient enfin traduits. Avec cette initiative éditoriale, Tokyopop répondait à une demande déjà existante. C’est là un des facteurs ayant conduit à des chiffres de vente tout à fait satisfaisants. L’éditeur a aussi fait des efforts particuliers pour soigner ces ouvrages : impression/adaptation sérieuse, publication régulière, etc.

Encouragé par ces bons résultats, Tokyopop compte poursuivre dans cette voie : ce mois-ci, c’est une version romancée de .hack qui est sortie sur le continent américain tandis que sont attendus, dans les prochains mois, Gundam Seed (septembre) et Scrapped Princess (novembre).

Les autres éditeurs ne sont pas en reste. Viz sortira Full Metal Alchemist: The Land of Sand en octobre (en novembre, c’est The Art of Full Metal Alchemist qui rejoindra les rayonnages des libraires), et la prequel de Ghost in the Shell 2 : Innocence (intitulée After the Long Goodbye) en décembre. Des livres typiquement shôjô sont eux aussi au programme : Socrates in Love en octobre et Kamikaze Girls en février (en même temps que la sortie du long-métrage qui en est tiré). Dark Horse s’attaque à la série de romans Vampire Hunter D, DrMaster à Rahxephon.
Le cas d’ADV Manga mérite, lui, d’être traité à part. En effet, l’éditeur publie ces jours un ouvrage un peu à part (et apparemment passionnant – le Front de Libération Télévisuel a d’ailleurs mis en place une pétition afin d’inciter un éditeur français à en acquérir les droits) : The Notenki Memoirs, autobiographie de Yasuhiro Takeda, l’une des principales personnes à l’origine de la série culte Evangelion. Dans son livre, Yasuhiro Takeda dresse apparemment un portrait détaillé de la vie d’un otaku japonais mais aussi du milieu de l’animation japonaise, et ce, des deux côtés du miroir (avec, par exemple, des informations quant au fonctionnement d’un studio comme Gainax).

Au niveau du public visé, les éditeurs ciblent en premier lieu aux fans qui, grâce à ce nouveau support, peuvent retrouver les héros auxquels ils se sont attachés. Les romans permettent en effet d’approfondir un univers, de le compléter, de l’enrichir.

En France, les éditeurs se montrent moins téméraires. Il faut dire que les initiatives en ce sens n’ont pas été couronnées de succès. Il y a quelques années, Tonkam a bien publié le roman de Video Girl Ai, ainsi que les trois romans basés sur l’univers de Kimagure Orange Road (aussi connu sous le nom de Max et Compagnie). Mais cela s’est avéré un semi-échec.
Plusieurs raisons à cela :

  • d’une part, un mauvais positionnement éditorial : ces romans visaient un panel assez restreint (de quelques centaines ?) d’amateurs éclairés. Il ne s’agissait pas d’oeuvre susceptible de fédérer un large public ;
  • d’autre part, une certaine frange de lecteurs de mangas ne semblent pas encore prête à abandonner les contours rassurants d’une bande-dessinée pour un roman où l’imagination propre du lecteur est beaucoup plus sollicitée. Ou alors, l’investissement personnel doit vraiment le coup ;
  • enfin, la publication de ces romans n’a pas fait l’objet de tous les soins nécessaires : on ne traduit/adapte pas un roman comme un simple bande dessinée, même s’il s’agit d’une oeuvre inspirée par un manga ou un dessin animé.

Et maintenant, à qui le tour ? Quel éditeur francophone sera assez audacieux pour suivre la voie que balisent actuellement les Américains ? Il y a là, à mon sens, matière à creuser. Une politique éditoriale intelligente qui se donne les moyens de ses ambitions, voilà certainement un critère pour y parvenir. A suivre.

Coup de coeur : Mobile Suit Gundam Seed

Un aperçu de Gundam SeedAu Japon, Mobile Suit Gundam est une légende. Le grand public français n’a pu découvrir ce classique des univers de science fiction qu’à partir de 2001. C’est en effet à cette date qu’une chaîne hertzienne (M6) se décide à diffuser Gundam Wing, une des nombreuses séries estampillées Gundam.

Mais remontons un peu le temps. Nous sommes en 1979, au Pays du Soleil Levant. Depuis plusieurs années, les anime mettant en scène des robots géants (les mechas) se multiplient : ces géants de métal sont surpuissants et dotés d’attaques spéciales dévastatrices.
Une équipe de la Sunrise, menée par Yoshiyuki Tomino, a alors l’idée de proposer une oeuvre différente, en modifiant radicalement la place du robot dans l’intrigue : dans Kidô Senshi Gundam (aussi connu sous le nom de Mobile Suit Gundam), le mecha n’est qu’un élément parmi d’autres, simple pion au coeur d’une guerre qui fait rage. Car la “marque” Gundam, c’est d’abord l’exceptionnelle richesse des univers que les différentes oeuvres dépeignent.

Les séries Gundam ont pour cadre un futur dans lequel la conquête spatiale n’est plus un simple rêve, bien au contraire. Généralement, elles se focalisent justement sur un conflit entre la Terre et ses colonies. Surtout, elles dépeignent la guerre (ses mécanismes d’entraînement et d’enlisement, ses implications tant politiques que sociales) avec une efficacité et une lucidité remarquables. Tiraillés de part et d’autres par leurs convictions et par des événements qui les dépassent, les personnages de ces séries essaient tant bien que mal de se frayer un chemin dans un monde déchiré.

Cette année, l’éditeur de DVD Beez a décidé de relancer l’offensive Gundam. Les trois films tirés de la première série sont d’ores et déjà en magasin, d’autres longs-métrages (Mobile Suit Gundam: Char’s Counterattack et Mobile Suit Gundam F91) sont attendus pour septembre. Mais, surtout, Beez commence l’édition, dans l’Hexagone, de l’une des toutes dernières séries Gundam, à savoir l’excellent Mobile Suit Gundam Seed (dont une suite, Mobile Suit Gundam Seed Destiny, est actuellement diffusée au Japon). Les intrigues Gundam prennent souvent place dans des univers alternatifs indépendants les uns des autres ; c’est justement le cas de Gundam Seed par rapport aux séries produites depuis 1979. Il n’est donc pas nécessaire d’avoir vu l’une des précédentes séries Gundam pour découvrir celle-ci (par contre, il est utile d’avoir visionné Seed avant d’attaquer Destiny).

Ere Cosmique, année 70 : les relations se sont envenimées entre les Naturels de l’Alliance Terrienne et les Coordinateurs (humains génétiquement modifiés habitant les colonies spatiales appelées PLANTs) de ZAFT. Suite aux événements tragiques de la St Valentin Sanglante, les tensions initiales se sont transformés en affrontements militaires de grande envergure. Onze mois après le début des hostilités, le conflit s’est enlisé. C’est à ce moment-là que débute Gundam Seed.
Kira Yamato est un jeune Coordinateur qui a émigré sur Heliopolis, une colonie neutre. Le jour où ZAFT lance une attaque contre la colonie – soupçonnée de construire des prototypes de Mobile Suits (robots géans de combats) – il est obligé de se battre pour défendre ses amis Naturels. Le hasard du destin le conduit alors à se retrouver face à face avec son ami d’enfance Asran Zala qui, lui, s’est engagé du côté de ZAFT.

Gundam Seed se démarque sans mal du reste de la production japonaise : chara-design (signé Hirashi Hirai) efficace, histoire menée tambour battant (à ce sujet, les cinq premiers épisodes de la série sont à couper le souffle), intrigue intelligente (caractéristique du savoir-faire des Japonais dès lors qu’il s’agit de décrire un conflit loin de tout manichéisme). A noter, aussi, la grande qualité des génériques de début et de fin – quatre génériques de début et trois génériques de fin accompagnent les 50 épisodes que compte la série – qui s’accorde parfaitement au dynamisme de l’oeuvre. Si les dessins et l’animation souffrent de quelques variations de qualité suivant les épisodes (mieux vaut éviter, par exemple, de comparer les deux premiers épisodes avec l’épisode 8), le spectateur oublie vite ces petites faiblesses passagères pour se focaliser sur la richesse du scénario. C’est d’autant plus vrai que les scènes cruciales sont, elles, toujours irréprochables techniquement et esthétiquement parlant.

Gundam Wing n’avait jamais vraiment réussi à me séduire ; Gundam Seed, lui, y est parvenu dès les premières minutes. On tient là un des tous meilleurs space opera de ces vingt dernières années. A découvrir au plus vite, d’autant que l’édition proposée par Beez est de qualité (bonus, présence de la VOSTF et de la VF).

Enseignement supérieur : weblogs d’enseignants, weblogs d’étudiants

Les mass-medias ont beaucoup disserté sur les atouts et (surtout) les dérives constatées sur les blogs de collégiens et lycéens. Il a été bien moins question des weblogs que peuvent tenir des étudiants ou enseignants du supérieur, des informations et analyses qu’ils proposent.

J’ai moi-même commencé à bloguer alors que j’étais étudiant en école d’ingénieurs. Les sujets que j’abordais sur mon weblog ont toutefois été longtemps déconnectés de mes études à proprement parler. Ce n’est que lorsque ma vie d’étudiant et ma passion pour l’informatique ont commencé à se mêler qu’Hemisphair a commencé à se faire l’écho de quelques-unes de mes préoccupations universitaires.

A l’heure actuelle, ce weblog se fait parfois l’écho de considérations professionnelles : il est, par exemple, le reflet de certaines de mes inquiétudes ou convictions quant à la recherche. J’envisage aussi, à l’avenir, de revenir plus précisément sur des aspects liés à l’enseignement.

Hemisphair est référencé en tant que blog de l’enseignement supérieur et cela ne me paraît pas irraisonné. La composante “recherche/enseignement supérieur” est une facette à part entière de mon blog Mais Hemisphair n’est pas qu’un media à mi-chemin entre le personnel et le professionnel. Je le conçois comme une interface entre les différents univers dans lesquels j’évolue : amis, collègues, camarades de promo, connaissances ; informatique, actualité médiatique, politique et géopolitique, cinéma, animation et bandes dessinées, … Je rejoins donc totalement François quand il compare mon weblog et le sien : nous avons tous deux fait le choix de “parler de tout et n’importe quoi” (j’en profite d’ailleurs pour vous conseiller de découvrir au plus vite l’intéressante liste de blogs universitaires qu’il a dressée).
L’existence et le contenu de ce weblog sont parfaitement assumés, pour quelque type de lecteur que ce soit, des amis intimes à la famille en passant par mes étudiants ou les anonymes.

En considérant l’autre côté du miroir, je suis persuadé que l’interaction entre enseignant et étudiant (voire une troisième partie) via un blog peut se révéler fructueuse.

En décembre dernier, j’ai découvert le blog d’un de mes étudiants. Je le parcours régulièrement car cet étudiant possède une véritable curiosité pour tout ce qui se rapporte à l’informatique. il fait souvent des parallèles avec les projets qu’il doit accomplir dans le cadre de sa scolarité. Il a notamment mis en place un wiki pour faciliter les échanges entre membres d’un même groupe de travail (les obstacles auxquels il semble confronté sont, par exemple, symptomatiques des difficultés rencontrées dans les démarches de “démocratisation” des wikis).
Récemment, il a publié une critique détaillée du logiciel Automgen que les étudiants doivent utiliser pendant l’enseignement d’Automatisme, en première année. Par la suite, Stéphane Massart, de la société IRAI (qui commercialise Automgen), est venu apporter des précisions dans un commentaire du billet sus-cité. Ce genre d’échange est une illustration, à un premier niveau, de l’enrichissement mutuel que peut apporter un weblog. La seconde étape de ce processus, ce serait l’échange entre l’étudiant et l’enseignant ; donc la remontée de ce genre de retours jusqu’aux responsables d’enseignement (qui ne sont pas [encore ?] tous très familiers avec les blogs).

Certes, les étudiants disposent déjà, bien souvent, de moyens pour faire connaître leurs remarques, suggestions et critiques quant aux enseignements qui leur sont prodigués. Ainsi, à Centrale Nantes, chaque matière de tronc commun est l’objet d’un questionnaire (autrefois papier, désormais électronique) que les étudiants peuvent remplir pour exprimer leur ressenti.

Les weblogs n’ont pas vocation à remplacer ce genre de pratique. Ils sont toutefois susceptibles d’instaurer plus d’interactivité entre les différents acteurs du secteur éducatif (élèves, enseignants, industriels développant des produits à visée pédagogique, etc.) de par les dialogues qu’ils initient. Bien sûr, tout ceci doit être fait en bonne intelligence d’un côté comme de l’autre, ce qui constitue le point critique de l’entreprise.

Brève présentation des licences Creative Commons

Afin de faire un peu de publicité en faveur des licences Creative Commons auprès de mes collègues, j’ai rédigé une petite synthèse à leur sujet. Je me suis dit qu’il pourrait être intéressant de vous en faire profiter.

Le projet international Creative Commons a été initié en 2001 par l’Université de Stanford, sous l’impulsion de diverses personnalités dont Lawrence Lessig, spécialiste du droit sur Internet. L’objectif de ce projet était de proposer une nouvelle licence qui reposerait des principes similaires à ceux de la licence libre GPL et qui permettrait aux auteurs de diffuser leurs oeuvres (textes, images, vidéos, etc.) sur Internet tout en leur octroyant un certain nombre de protections. La licence GPL n’existe qu’en version anglaise ; les membres du projet Creative Commons désiraient, eux, créer un système de licences de droits d’auteurs rédigées, traduites et adaptées au système légal de chaque pays par des juristes nationaux.

Grâce aux licences Creative Commons, un auteur peut autoriser la copie de son oeuvre, sa diffusion et la création de dérivés en imposant (ou pas) certaines conditions. Les points sur lesquels il est possible de personnaliser la licence sont les suivants :
paternité de l’oeuvre ;
utilisation commerciale de l’oeuvre ;
capacité de modifier l’oeuvre ;
obligation (ou non) de rediffuser la nouvelle oeuvre sous la même licence Creative Commons que l’oeuvre originale.

Les contrats Creative Commons ont été traduits et adaptés au droit français par le Centre d’Etudes et de Recherches de Science Administrative. Ils ont été officiellement lancés le 19 novembre 2004. Il existe six combinaisons de licences. Il est aisé, via le site de Creative Commons, de choisir la licence correspondant au plus près à ses besoins.

La BBC a ainsi choisi une licence Creative Commons pour protéger les archives de son site web. De nombreux artistes s’y intéressent eux aussi. Ainsi, le mensuel américain Wired a proposé, dans son numéro de novembre dernier, une compilation dont tous les morceaux – composés spécialement pour l’occasion – étaient placés sous licence Creative Commons.

En France, la radio web d’Arte, Arteradio.com, a choisi une licence Creative Commons, permettant aux internautes les libres téléchargement et diffusion du contenu sonore du site pour une utilisation non-commerciale. Dans le domaine de l’enseignement et recherche, des sites tels que le portail de partage et de diffusion des savoirs de l’Ecole normale supérieure ou le site de l’Observatoire des Stratégies et Technologies de l’Information et de la Communication (affilié à l’INT) sont sous licence Creative Commons.

Ce weblog lui-même est sous licence Creative Commons, comme en atteste la petite icône dans la colonne en bas à droite.

Pour en savoir plus :
le site web de Creative Commons présente de manière claire, agréable et parfois même ludique ces licences ;
un papier de Transfert.net, datant du moment où le projet de traduction a été lancé ;
un article de Framasoft, site internet collaboratif portant sur le logiciel libre ;
un article de Telerama présentant l’initiative Creative Commons.

A la découverte du Podcasting

Voilà déjà plusieurs mois que le Podcasting fait parler de lui en France (cf. par exemple cet article publié par Libération en janvier dernier). Le phénomène est encore neuf, mais certainement promis à un essor important dans le futur. Je n’avais pas encore exploré les nombreuses possibilités offertes par le Podcasting. Mais, ayant récupéré une connexion ADSL à mon domicile et constatant que Stéphane (toujours très réactif et innovant) a implanté cette fonctionnalité sur Viabloga, j’ai eu envie de me pencher plus en détails sur le sujet.

L’idée de mélanger son et nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) ne date pas d’hier. Depuis quelques années, des applications permettant à chacun de proposer, sur son site web, son propre contenu audio (et maintenant vidéo) ont vu le jour. On peut par exemple citer les radio-blogs qui ont rencontré un certain succès.
Reste que, pendant longtemps, la technologie a constitué un frein important au développement massif de ces initiatives (notamment le faible débit des connexions à Internet, mais aussi le fait que nos machines étaient moins “multi-medias” que maintenant).

Le Podcasting (contraction de iPod et de broadcasting) représente un moyen de diffusion de fichiers sonores sur Internet. Il est issu de la rencontre de deux mondes : la syndication et l’audio (le tout étant bien sûr saupoudré d’une pincée de blog). Grâce au Podcasting, les utilisateurs peuvent s’inscrire à un flux (RSS par exemple) et recevoir les nouveaux fichiers audios mis en ligne. Ils peuvent les stocker sur leur baladeur numérique, les écouter alors qu’ils sont dans les transports en commun, en marche vers leur lieu de travail, etc. A la manière du rapport qu’entretiennent les blogs et les medias écrits, on peut faire un parallèle entre le Podcasting et la radio. Chacun peut ainsi mettre en ligne sa propre “radio”, sous forme de petits fichiers MP3. Pour plus de renseignements, se référer à la page relativement bien documentée consacrée au sujet sur Wikipedia.

Pour une première découverte, il peut être utile d’aller butiner les liens suivants (je me limite ici à une liste de ressources en français) :
Le Podcasteur, magazine audio en Podcasting proposé par Bertrand Lenotre ;
Les Podcasts de Pointblog ;
Incipit blog, un journal audio de lectures à voix haute (Libération en a parlé dans un de ses papiers) ;
un article de Michel Dumais sur le Podcasting pour Le Devoir.

A l’instar des wikis dont la richesse n’est plus à démontrer, le Podcasting ouvre la porte à un large panel d’expérimentations.

Par ailleurs, ce billet est l’occasion, pour moi, de réaliser le premier Podcast de la petite histoire d’Hemisphair.net. Il y en aura sûrement d’autres. L’écoute en ligne du Podcast nécessite un navigateur capable de lire les fichiers Macromedia Flash, l’interface ci-dessous utilisant l’excellent lecteur Flash MP3 Dewplayer.

http://www.hemisphair.net/podcast/dewplayer.swf?son=http://www.hemisphair.net/podcast/session01.mp3

Cet essai restera comme celui de la découverte des aléas d’une communication radiophonique : la nécessité d’avoir non seulement un discours structuré (ce qui ne change pas vraiment par rapport à l’écrit), mais aussi – et surtout – d’assurer un certain débit de parole. Cet exercice-là est assez déroutant, voire difficile. Sans même parler des aléas techniques, telles que les saturations du micro (écueil dans lequel je suis malheureusement tombé, comme vous pourrez le constater).

Il me reste beaucoup de questions à aborder : comment concilier Podcasting et gestion de la bande passante ? Qu’est-ce que la voix permet que l’écrit ne permet pas (et réciproquement) ? L’audio se verra-t-il bientôt gratifié de l’équivalent de ce que sont les liens hypertextes pour l’écrit ? Comme souvent avec les NTIC, il est assez jubilatoire d’envisager tous les possibles offerts par la technologie. Sujet à suivre …