Pen Dragon T.2, de Mika

Couverture du deuxième tome de Pen Dragon de MikaVoici enfin la suite de ce shônen manga à la française, dans la droite lignée d’un Dragon Ball. Le jeune Pen ne cesse de tomber de Charybde en Scylla. Dans le premier tome, après avoir malencontreusement tué un dragon blanc, il était chassé de son village et atteint par une malédiction. Et alors que le sort semblait le condamner à une triste fin, un vieillard dénommé Merilun lui venait en aide. Problème : dans ce deuxième volume, Pen se fait dérober la X-Kalibur, l’épée ultime qui était en possession de son sauveur. Il doit donc partir à sa recherche et retrouver le bandit Oud qui l’a dérobée. Heureusement, en chemin, il va faire la connaissance d’une jeune femme plus forte qu’il n’y paraît.

Aventures et rebondissement continuent de s’enchaîner à un rythme effréné. Certains retournements de situation paraissent téléphonés, mais le défaut est généralement inhérent au genre. Plus embêtant : certains dialogues manquent de naturel (à l’instar de quelques-uns des échanges entre Pen et Merilun). Ces réserves formulées, force est de constater que Pen Dragon se lit avec beaucoup de plaisir. Les dessins de Mika sont efficaces et gagnent en assurance au fil des chapitres. La série a de sérieux atouts pour devenir le Naruto français. À suivre avec beaucoup d’attention !

Pen Dragon T.1, par Mika
Série (en cours) : deux tomes pour le moment
Genre : aventure
À partir de 13 ans
Éditeur : Shogun

Mon avis : Recommandé

Kuma Kuma T.1, de Yuki et Kaji

Couverture du premier tome de Kuma KumaLes éditions Ankama poursuivent leur travail de “découvreur de talents”. Avec Kuma Kuma, ils donnent leur chance à deux sœurs françaises, Yuki et Kaji, de s’exprimer et de développer leur histoire sur des volumes noir et blanc de 200 pages. Le scénario est d’actualité puisqu’il focalise sur la frontière entre réalité et virtualité dans le domaine des jeux vidéos en ligne. Au début de l’ouvrage, deux sœurs achètent un jeu étrange dans un magasin lugubre semblant avoir surgi de sous terre pour l’occasion. En pénétrant dans l’univers du jeu, elles vont découvrir que le réel et le virtuel sont intimement liés.
Le scénario, misant pour l’instant sur le suspense et l’aventure, tombe malheureusement un peu à plat. Si la série sort du lot, c’est surtout de par son identité visuelle et la personnalité de ses dessins. “À tester avant d’acheter”, pour reprendre une expression souvent utilisée dans les magazines de jeux vidéo.

Kuma Kuma T.1, par Yuki et Kaji
Série (en cours) : un seul tome paru pour le moment
Genre : aventure
À partir de 13 ans
Éditeur : Ankama

Mon avis : Dispensable

Naruto T.34, de Makoto Kishimoto

Couverture du 34e tome de NarutoOn compare souvent les deux mangas pour adolescents les plus populaires du Weekly Shônen Jump que sont Naruto et Bleach. Naruto est certainement la série qui remporte le plus de suffrages. Pourtant, quand on analyse la manière dont son auteur, Masashi Kishimoto, développe son intrigue, on est en droit de remettre en question la supériorité du petit ninja. Car si le mangaka sait donner vie à une vaste galerie de personnages, il s’avère incapable de magnifier le souffle épique de sa série. Bien des rebondissements tombent à plat : la faute à des retournements de situation bien trop prévisibles, comme en témoignent les atermoiements de Saï dans ce 34e tome. Les bons sentiments de Naruto et Sakura sont si sirupeux qu’ils exaspèrent le lecteur. On en vient même à sa rallier à Sasuke, habituellement tête à claques de première, qui a préféré aller voir ailleurs si l’herbe est plus verte…

Naruto T.34, par Masashi Kishimoto
Série en cours (34 tomes parus en France, 41 au Japon)
Genre : aventure, récit initiatique
À partir de 13 ans
Éditeur : Kana

Mon avis : Pourquoi pas ?

Oh les filles ! – Première Partie, d’Emmanuel Lepage et Sophie Michel

Couverture de Oh les filles ! d’Emmanuel Lepage et Sophie MichelDerrière un titre qui pourrait servir d’acroche à une émission de radio – “Oh les filles !” – se cache un portrait sensible et pertinent de trois filles issues de milieux sociaux et culturels très différents. Il y a Leila, née au Maghreb, dont les parents immigrent en France alors qu’elle a seulement 5 ans ; Agnès, fille unique de parents fortunés qui n’ont jamais été prêts à assumer le fait d’avoir un enfant ; et enfin Chloé, aimée et choyée par une mère qui doit faire face aux difficultés inhérentes à la tenue d’un foyer mono parental. Ces trois personnages se côtoient à l’école et tissent progressivement des liens.

À travers ces jeunes filles, Sophie Michel et Emmanuel Lepage personnifient des situations de plus en plus répandues. Si le récit peut paraître haché du fait de l’incessant va et vient entre les héroïnes, il est porté par une fraîcheur salutaire. En quelques mots, en quelques cases, les auteurs esquissent des caractères bien marqués. Et sans jamais sombrer dans le cliché, délivrent un beau message de fraternité. Le dessin de Lepage s’épanouit dans cette histoire très proche du réel, allant jusqu’à s’affranchir du cadre restreint des cases quand l’enthousiasme l’emporte sur le tragique. Voilà un titre prometteur dont j’attends impatiemment la suite !

Oh les filles ! Première partie, par Emmanuel Lepage et Sophie Michel
Série (en cours) : un seul tome paru pour le moment
Genre : Portrait de jeunes filles de notre époque
À partir de 14 ans
Éditeur : Futuropolis

Mon avis : Recommandé !

Vis-à-vis T.1, de Miya

Couverture du premier tome de Vis-à-vis, de MiyaDans le petit monde du shôjô manga (i.e. à destination des adolescentes) à la française, Jenny (auteur de Pink Diary) paraissait jusqu’à maintenant bien seule. Depuis peu, elle a été rejointe par Miya qui signe, chez Pika, un titre tout-à-fait prometteur.

Vis-à-vis narre le quotidien d’Élodie, jeune étudiante sans le sou, qui décide de devenir gardienne d’immeuble pour gagner un peu d’argent. Une fonction grâce à laquelle elle va pouvoir se rapprocher de l’un de ses locataires : Daniel, jeune styliste prometteur au physique d’Apollon. Peut-être trouvera-t-elle à son contact le sens de sa vie ?

Ne nous voilons pas la face : je suis tombé sous le charme de ce premier tome. Rien de révolutionnaire pourtant. Mais Miya maîtrise son sujet et sait rendre ses personnages attachants en dépit de leurs (parfois gros) défauts. Les dessins sont réussis et ont leur petite personnalité. Les quelques passages en SD apportent un peu de dynamisme comique à l’ensemble. On sent que la jeune auteur s’est beaucoup investie afin de nous offrir une œuvre la plus divertissante possible. Elle réussit brillamment son pari et pose des bases prometteuses pour la suite. Si, au début de l’histoire, Élodie est recalée de ses examens, Miya, elle, réussit son passage du milieu amateur au monde de l’édition professionnelle. Saluons, pour finir, les bonus de fin de volume qui constituent un plus intéressant et adapté.

Vis-à-vis T.1, par Miya
Série (en cours) : un seul tome paru pour le moment
Genre : comédie romantique
À partir de 13 ans
Éditeur : Pika

Mon avis : Recommandé