Six Feet Under, une série ancrée dans la réalité

Six Feet Under, saison 2, épisode 3 :

Situation : Nate et David déjeunent avec quatre dirigeants de petites entreprises de pompes funèbres. Nate s’emporte à propos de Kroehner, une grande compagnie qui cherche à étendre son influence par des acquisitions toujours plus nombreuses.

Nate : They don’t care about people, they don’t care about lives.
[…]
All they care about is money. It’s not just our industry. It’s everywhere. When corporations try and squeeze out all the competitors … the further management gets from labor, the more alienation in the workplace, the more meaningless all our lives become.

Jack : It’s hopeless, isn’t it ?

Nate : No, I don’t think it is. We have to stick together and save our energy to fight Kroehner.

Six Feet Under est, définitivement, une série majeure. Et Nate un de mes personnages de fiction préférés.

Plates-bandes de J-C Menu

Plates-bandes est un essai de J-C Menu édité dans la nouvelle collection Eprouvette de l’Association.

Menu, de par son action au sein de l’Association, est une figure emblématique de la bande-dessinée indépendante française. Ne mâchant pas ses mots, il propose dans cet ouvrage une analyse sans complaisance de l’évolution qu’a connu la bande dessinée ces dernières années. Il se penche notamment sur l’essor des éditeurs indépendants et – sujet concomitant – sur les mécanismes qui ont conduit à l’émergence d’une nouvelle vision de la bande-dessinée. Il revient aussi sur plusieurs des événements qui ont agité le microcosme bédéphile en 2003 et 2004 : les grandes manoeuvres de Soleil avec son fameux Bande-Dessinée Magazine, la démarche éditoriale de Casterman avec sa collection Ecritures, la polémique “Sfar” autour du festival d’Angoulème, etc.

Menu avance parfois des arguments très contestables (on pense, entre autres, à son dénigrement des auteurs “qui s’inspirent de“, tels Craig Thomson ou Philippe Squarzoni) mais ses critiques sont bienvenues. A l’instar du rôle qu’a joué L’Association durant les quinze dernières années, cet essai est plus qu’un pamphlet poil-à-gratter. Il invite à réfléchir sur l’essence de la bande-dessinée. Il met en évidence la période charnière que vit actuellement cet art. L’introduction est, en cela, particulièrement révélatrice, Menu présentant son texte comme un acte de “résistance“, pour “faire en sorte que l’extrapolation du champ des possibles opérée depuis une quinzaine d’années dans le domaine de la Bande Dessinée francophone ne soit irrémédiablement digérée par les forces mercantiles à l’oeuvre et par un corporatisme en pleine offensive“. Un discours relativement séduisant.

Même s’il a été rédigé avec une sincérité évidente, l’essai de Menu souffre des défauts inhérents à beaucoup de livres édités par l’Association : un élitisme qui confinerait presque à la pédanterie intellectuelle, tant sur le fond que sur la forme. Ainsi, l’image que l’auteur renvoie du public bédéphile est loin d’être reluisante. Loin de moi l’idée de défendre ce public dans son intégralité ; mais force est de constater que la photographie que l’on pourrait en prendre est plus contrastée que ce qui ressort de Plates-bandes. Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres.

Par ailleurs, en dépit des efforts pédagogiques évidents que fait Menu, ses références risquent de rester obscures pour beaucoup. Elles nécessitent en effet une solide connaissance de l’histoire de la bande-dessinée sur les vingt dernières années. Même si cela semble être un choix éditorial assumé de la collection Eprouvette, nous ne pouvons que le regretter. Car l’essai de Menu donne souvent l’impression de ne viser qu’une faible partie du lectorat de BD – celle que l’Association a justement essaimé et fait grandir depuis le début des années 1990.

En dépit de ces réserves, je pense que cet ouvrage devrait répondre aux attentes de ceux qui cherchent matière à réfléchir sur le marché actuel de la bande-dessinée : en quoi les rachats de maisons d’édition historiques risquent de bouleverser la donne ? Quel a été l’impact des indépendants sur l’image de la bande-dessinée en France ? Comment cette branche de l’art séquentiel a-t-elle réussi à se défaire de l’étiquette de “sous-art” ? Comment peut-on caractériser la bande-dessinée ?

Version enrichie d’une chronique initialement publiée sur Mangajima.

La recherche fondamentale et le libre cheminement de l’esprit

Dans la recherche, l’obtention d’un résultat n’est pas un phénomène prévisible. Les avancées ne suivent pas une loi de progression linéaire.

Illustration sur mes recherches actuelles. Je vous rassure, je ne rentrerai pas dans les détails. Je mentionnerai juste l’objet de mes travaux actuels, pour les quelques lecteurs qui sont familiers avec cette thématique : il s’agit de trouver une traduction structurelle efficace qui permette de passer d’un réseau de Petri évoluant en temps continu à un réseau doté d’une sémantique discrète.

Fin février, j’étais arrivé à un modèle théoriquement satisfaisant, mais présentant de nombreux défauts dès qu’il s’agissait de l’implanter informatiquement parlant. Pendant plusieurs jours, j’ai tenté de sortir de l’impasse dans laquelle il me semblait être arrivé, mais rien n’y faisait.
Alors, aux alentours du 10 mars, j’ai décidé de repenser complètement le modèle que j’avais conçu. Grâce à quelques discussions avec mes “chefs”, j’ai eu deux idées importantes qui m’ont permis de créer un modèle répondant à nos attentes. L’implantation informatique n’a pas posé de soucis majeurs, les résultats sont plutôt satisfaisants. Et j’ai complètement laissé de côté le premier modèle auquel j’étais parvenu.

Cette semaine, j’ai essayé d’étendre mon modèle à des cas encore plus généraux. Je me suis trouvé face à de nouveaux obstacles. Je les ai pris un par un et ai tenté de les contourner. Pour un problème en particulier, j’ai réussi à trouver une solution qui, si elle n’est pas forcément encore très efficace, a le mérite de répondre à la question posée. Par analogie, je me suis rendu compte que la méthode déployée dans ce cadre aurait pu me servir à répondre au problème auquel je m’étais heurté deux mois auparavant. Alors j’ai repris le cahier contenant mes recherches de février. J’ai gribouillé. Et j’ai finalement trouvé comment débloquer cette situation qui me paraissait, il n’y a pas si longtemps, définitivement compromise.

Fort des discussions que j’ai pu avoir avec mes collèges, des tentatives avortées, des papiers lus ici et là sur des thèmes connexes, j’ai réussi à lever l’aporie à laquelle je pensais être arrivé en février. Cela a été une surprise. Il y a un mois et demi, j’avais beau me creuser la tête, rien ne venait. Et c’est aujourd’hui, après avoir emprunté une toute autre voie, que j’ai finalement fait sauter le verrou. Un cheminement d’idée typique de la recherche. Voilà le genre de latitude qu’un industriel ne laissera que rarement à ses salariés : alors que la mondialisation, le durcissement de la concurrence et la course à la rentabilité sont désormais les maîtres mots du jeu économique, comment un chef d’entreprise pourrait-il laisser certains de ses employés travailler sur des thématiques aux résultats si imprévisibles ?

Un exemple parmi tant d’autres, qui illustre bien le fait que la recherche fondamentale ne peut pas se laisser absorber par le monde industriel, à l’heure où Alain Trautman (Sauvons la Recherche) et Edouard Bézin sont de nouveau reçus par Jean-Pierre Raffarin concernant la future loi d’orientation et de programmation de la recherche. Vous savez, cette fameuse loi qui était sensée être votée, au plus tard, fin 2004 …

Pot-pourri

Pour commencer, une anecdote qui ne fera rire que les plus otakus d’entre vous. C’est que je me dois de satisfaire le large spectre de mon lectorat.

Situation : la semaine dernière, une certaine boutique de japanimation à Nantes.
Morgan : “Hmmmm, cette semaine, il y a seulement eu des nouveautés Dybex en DVD ?
Le vendeur : “Ah non, pas de Dybex cette semaine, on a seulement eu les sorties Dynamic.

Aussi mignonne que soit cette saynète, il me faut quand même assurer à ce billet son quota d’informations. Difficile de rebondir après le bide que je viens de faire. Alors je me contenterai de signaler que Telerama continue de faire l’apologie des mangas : cette semaine, dans la rubrique “Livre – critiques“, Stéphane Jarno encense Real, une oeuvre de Takehiko Inoue (Slam Dunk, Vagabond) sur le basket-ball en milieu handisport.

Télérama, un magazine décidément très à la page, puisqu’on y trouve une petite explication de ce qu’est un fil RSS. Après que 2004 a vu les blogs percer dans les media grand public français, 2005 sera-t-elle l’année de la syndication ?

Exploitation commerciale ou solidarité ?

Ah, l’exploitation commerciale autour du décès du Pape, quel bonheur : Le Monde a déjà publié un hors-série à son propos, Télérama est sorti avec un jour d’avance pour “fêter” l’événement. Il faut dire que les articles devaient être prêts depuis longtemps ; comme me le faisait remarquer mon buraliste ce matin, “ce n’était pas vraiment ce que l’on appelle une mort rapide“. C’est beau, une telle exploitation commerciale. Pour un peu, ça me rappellerait presque l’exploitation de la misère humaine que j’avais vu lors de mon passage par Lourdes, en 1996.
Après tout, rien d’étonnant à tout cela, vu que nous vivons sur la planète profit.

Alors que les numéros spéciaux consacrés au Pape vont se vendre comme des petits pains, il me semble important de rappeler, comme d’autres bloggeurs l’ont fait, que, dans le monde, 1 personne est contaminée par le SIDA toutes les 6 secondes. Et que, ce week-end, c’était le Sidaction.