Réédition de l’empire des signes, de Roland Barthes

Petit événement dans l’actualité autour de Roland Barthes : son passionnant et atypique ouvrage L’empire des signes vient enfin d’être réédité. Depuis quelques années, cet essai n’était plus disponible que dans les oeuvres intégrales du penseur français. Avec cette réédition, les éditions du Seuil permettent désormais au plus grand nombre de redécouvrir ce petit livre dans les meilleures conditions.

Broken Flowers, de Jim Jarmusch

Quel est le point commun entre Lost In Translation, Six Feet Under et Before Sunset, c’est-à-dire trois de mes plus grosses obsessions de ces deux dernières années ?
La réponse tient en un simple film : Broken Flowers, le nouveau Jim Jarmush.

Broken Flowers narre le retour d’un Don Juan sur les traces de son passé : alors que sa dernière amante en date le quitte, Don Johnston (Bill Murray, toujours aussi impeccable) reçoit une lettre lui annonçant qu’il aurait en fait un fils d’une vingtaine d’années. Mais la missive n’est pas signée. Poussé par Winston, son voisin féru d’enquêtes policières, Don part retrouver ses conquêtes d’antan et découvrir laquelle d’entre elles aurait pu lui faire un enfant. Il s’ensuit des rencontres cocasses, qui ne laisseront pas indifférent un homme par ailleurs ébranlé par sa paternité potentielle.

Ce Jim Jarmusch est un petit bijou, qui mérite bien le Grand Prix du Festival de Cannes qu’il a reçu cette année. Les personnages sont atypiques, les scènes cocasses – et parfois carrément mordantes -, la réalisation est emplie de mille et un petits détails irrésistibles. Mais au-delà de ses ressorts comiques, Broken Flowers s’avère constituer une vision sans concession d’une certaine Amérique et d’un certain âge.

Je terminerai en explicitant l’introduction de ce billet : Broken Flowers réunit entre autres Bill Murray (Lost In Translation, Un jour sans fin, La Vie Aquatique, …), Frances Conroy (Six Feet Under, The Aviator) et Julie Delpy (Before Sunset, Urgences, …). Profitons-en d’ailleurs pour ajouter qu’au niveau de la bande originale figure, entre autres, un morceau de Brian Jonestown Massacre, un groupe loin d’être inconnu aux spectateurs ayant vu Dig!

Le Goldorako-gate

Afin de donner un peu de lecture à Laurent et vu que l’histoire prend une tournure nationale (autrement dit : elle ne reste plus cantonnée au petit milieu des fans d’animation japonaise mais fait l’objet d’articles dans la presse nationale), un lien vers un descriptif détaillé de ce qu’il est désormais tenu d’appeler l'”affaire Goldorak”.

En résumé : Déclic Images (avec, derrière lui, le fameux distributeur Manga Distribution), un des plus gros éditeurs de DVD d’animation japonaise en France a sorti deux coffrets de la série mythique… seulement, il semblerait que cela ait été fait sans les droits adéquats. Cet été, l’opinion publique a eu l’affaire “Jean-Pierre Pernaud / Nathalie Marquay / Daniel Ducruet”. Les amateurs d’animation japonaise ont, quant à eux, droit à un merveilleux embrouillamini autour de l’un de leurs héros fétiches.

Retour sur le phénomène Houellebecq

Cette semaine, dans Marianne, une analyse lucide sur la déferlante Houellebecq :

Le “lancement” – largement mis en musique par son agent, François Samuelson- du nouveau roman de l’ex-poète confidentiel devenu, l’espace de quelques livres, romancier à succès, apparaît comme la caricature de toutes les dérives de l’édition française. […]
Quand on offre une avance de 1 million d’euros à un écrivain (pour le livre et la réalisation du film qui en sera tiré), on ne plaisante pas avec les chiffres de vente. Il fallait donc innover, franchir le dernier pas, ne pas hésiter à recourir aux techniques de la grande distribution, bref vendre le nouveau Houellebecq comme on fourgue un paquet de lessives. […]

Le journaliste à l’origine de l’article, Alexis Liebaert, précise en introduction qu’il “tient Les Particules Elémentaires pour un roman important“. Il critique le syndrome du “livre unique” qui atteint l’édition française à chaque rentrée (une année, c’est Angot, puis Beigbeder, puis Houellebecq, … et on repart pour un tour). Mais aussi les multiples techniques de teasing dont fait l’objet le livre de Houellebecq : extraits publiés au compte-gouttes dans Les Inrocks, large campagne publicitaire, rumeurs sur la future attribution du prix Goncourt, etc.
Dans le même temps, seuls quelques critiques littéraires triés sur le volet ont pu lire les épreuves de La Possibilité d’une île. Or certains journalistes s’extasient depuis plusieurs mois alors qu’ils n’ont pas pu lire l’oeuvre en question. Beaucoup de vent.
La conclusion d’Alexis Liebaert devrait sans peine se vérifier :

Rien de mieux, on le sait, qu’une bonne polémique pour faire vendre un livre. Et, question polémique, Michel Houellebecq est un orphèvre. […] Vous n’avez pas fini d’entendre parler de la Possibilité d’une île

Rentrée littéraire 2005

C’est cette semaine qu’ont véritablement été ouvertes les grandes “hostilités” de la rentrée littéraire.

Chaque année, à la même époque, j’éprouve le même plaisir devant cette avalanche de livres. Pourtant, qu’est-ce que la rentrée littéraire sinon une sorte de manifestation commerciale pendant laquelle les éditeurs submergent les librairies de centaines de bouquins ? Pourquoi m’exciter ainsi alors qu’il en restera toujours des millions de romans à découvrir à travers le monde ?
Simplement, j’apprécie tout particulièrement de lire les contemporains. Et la rentrée littéraire, je la vois comme une sorte de grande fête, avec ses découvertes, ses polémiques, ses grandes discussions, ses débats, etc.

Mon enthousiasme ne m’aveugle toutefois pas au point de ne pas voir les conséquences de telles déferlantes de parutions : que ce soit dans le domaine des romans ou de la bande-dessinées, le marché est au bord de la surchauffe. Les livres ne restent pas bien longtemps en tête des étals, laissant peu de temps aux nouveaux venus pour faire leur nid. A l’heure où les Français confirment être de “petits” lecteurs et où la consommation baisse, il n’est malheureusement pas sûr que les jeunes auteurs talentueux bénéficient des meilleures conditions pour émerger. Quoiqu’on puisse imaginer que les perles sortiront toujours du lot, qu’il sorte simplement dix ou, au contraire, cent mille romans par an.

De gros poids lourds ont déjà investi les rayons des librairies : de D’Ormesson à Besson en passant par Camille de Toledo ou Marie Darrieussecq.

Des romans d’auteurs moins connus ont aussi attiré mon attention. J’évoquerai par ici mes coups de coeur dans les prochaines semaines.