Dragon Ball Z – Battle of Gods (ドラゴンボールZ 神と神) : mes impressions

Fan de Dragon Ball de la première heure, et habitant au Japon ce printemps, je ne pouvais pas passer à côté du nouveau long-métrage : Dragon Ball Z – Battle of Gods (ドラゴンボールZ 神と神).

Même si la campagne publicitaire accompagnant cette nouveauté était massive (dans les magazines, à la télévision, dans les conbinis à travers un partenariat avec Lawson, dans la chaîne de restaurants KFC, etc.), je ne m’attendais pas à ce qu’autant de monde se presse dans les salles dès le premier jour. Un public large, diversifié, allant d’enfants qui ont sans doute connu la franchise via Dragon Ball Kai et le jeu Dragon Ball Heroes, à des trentenaires venant en couple ou avec un groupe d’amis. L’ambiance était à la fête, comme quand on retrouve de vieux copains.

Il faut dire que ce film tient de l’événement pour tous les fans : le créateur originel de Dragon Ball s’est personnellement impliqué, créant le scénario et les designs des personnages. Le long-métrage prend officiellement place dans l’intrigue de la saga, entre les chapitres 517 et 518 (c’est-à-dire pendant les 10 ans qui s’écoulent entre la fin de l’arc “Bū” et la conclusion de Dragon Ball à la fin de son 42e tome), là où les productions du genre ne sont habituellement que des “hors-séries”. Et l’intrigue pose de nouvelles bases, qui appellent clairement une suite, si le succès se confirme. Tout en constituant une histoire à part entière (on est loin de la fin abrupte de Saint Seiya Tenkai-hen Josō : Overture).

Le fan-service est là, c’est-à-dire que chaque personnage de la série a le droit à son propre moment dans le film. L’anniversaire de Bulma est une occasion parfaite pour réunir tous les protagonistes, de Vegeta à Mr Satan en passant par Krilin ou Buu. Même Pilaf et ses acolytes sont de la partie, dans un état de vigueur surprenant, et qui pourrait, en soi, faire l’objet d’une “side-story” future. L’ambiance est donc à la fête, et seule l’apparition de Beers (ビルス) – Dieu de la Destruction – et de Whis (ウイス) – son acolyte, dont on apprendra le véritable rôle à la fin du film – viendra troubler la quiétude de ce moment. Beers est là pour trouver le Super Saiyan God, un adversaire à sa hauteur dont un oracle lui avait prédit l’apparition, 39 ans auparavant. Après avoir fait un détour par la planète de Kaiō et avoir très vite battu Son Gokū, il poursuit sa recherche sur Terre.

Beers est un personnage surprenant. Réveillé d’un sommeil de près de 40 ans par Whis, son comportement est à l’image de son physique félin. Il dégage une sensation de puissance (Vegeta, qui l’a déjà croisé dans le passé, le craint immédiatement), mais il dévoile une surprenante facette en se prenant de passion pour la nourriture japonaise. La réussite du film doit beaucoup à ce personnage, ainsi qu’à Whis, qui apportent à la fois un nouvel enjeu et de la fraîcheur dans l’univers de Dragon Ball Z.

Encore une fois, les Japonais ont été malins dans leur promotion. Le spectateur est notamment pris à contre-pied par la fin du film – et notamment la scène de face-à-face entre Gokū et Beers, que l’on a beaucoup aperçu dans les extraits diffusés en ligne et à la télévision japonaise. Et si, pour une fois, un long-métrage Dragon Ball Z se terminait différemment ?

Au niveau technique, les scènes de combat sont réussies. La scène de bravoure de Vegeta, ainsi que l’affrontement final entre Gokū et Beers, bénéficient des dernières techniques d’animation, apportant un dynamisme nouveau à la mise en scène. La 3D y est alors bien mieux intégrée qu’au début du film, moment où l’on se demande s’il était vraiment nécessaire de modéliser la voiture de Kaiō en 3D, tant le résultat jure avec le reste. La musique, sans être inoubliable, s’accorde bien avec les images, et les titres de FLOW réalisés pour l’occasion passent finalement mieux à l’écran que sur CD. Le scénario, en explorant une zone temporelle encore inexploitée dans Dragon Ball, parvient à effacer le mauvais souvenir que le spectateur avait gardé en visionnant Dragon Ball GT. Akira Toriyama semble revenir avec un certain plaisir à sa saga. En duo avec Yūsuke Watanabe (co-scénariste de 33 ans, qui a du grandir avec la saga et qui est définitivement un créatif à suivre), il en propose une vision à la fois respectueuse de son travail d’antan et renouvelée. L’écriture enchaîne clins d’oeil et références, tout en disséminant des indices pour une éventuelle suite.

Les amoureux du Japon apprécieront également les cameos, à l’instar des petits rôles tenus par la judoka médaillée d’or Kaori Matsumoto et la chanteuse Shōko Nakagawa.

Rendez-vous dans trois ans pour la suite ?

NB : bien que souvent désignés sur le web sous les noms de Bils et Wis, le Dieu de la Destruction (ビルス ) et son compagnon (ウイス) sont ici nommés selon l’usage adopté dans le pamphlet officiel du film : Beers et Whis.

Bandeau pour Macross Frontier Itsuwari no Utahime

Macross Frontier Gekijō-ban ~Itsuwari no Utahime~ (Macross Frontier the Movie: The False Songstress)

À quoi tient mon attrait pour Macross ? Un savant mélange de mécha, de triangle amoureux, de caractères bien trempés et, surtout, de musique. Macross Frontier, dernier univers en date placé sous ce label, m’avait de suite séduit par ses chansons (et son générique interprété par Māya Sakamoto) et par sa réalisation léchée. Le produit tenait ses promesses, même si le personnage principal (Alto) faisait pâle figure face aux deux figures féminines. L’une, Sheryl, était élégante et entreprenante, tandis que la seconde, Ranka, restait plus naïve, parfaite image de femme-enfant. Alto allait-il réussir à y trouver sa reine de coeur ?

Visuel promotionnel pour la série animée Macross Frontier diffusée du Japon entre avril et septembre 2008

Visuel promotionnel pour la série animée Macross Frontier diffusée du Japon entre avril et septembre 2008

Après le succès de la série de 25 épisodes, Macross Frontier s’est vu décliné en deux longs-métrages. Le premier (Macross Frontier Gekijō-ban ~Itsuwari no Utahime~, ou Macross Frontier the Movie: The False Songstress) est sorti dans les cinémas japonais le 21 novembre 2009, puis en DVD et Blu-ray en octobre 2010. Le second est arrivé dans les salles obscures nipponnes le 26 février 2011, puis en DVD et Blu-ray au Japon le 20 octobre 2011.

Les films rebattent les cartes, en reprenant certes les mêmes personnages, mais en les plaçant dans des situations (légèrement) différentes. Ni résumé, ni intrigue totalement originale, le scénario suit le même fil rouge que la série. À savoir l’apparition de mystérieux extra-terrestres qui mettent en péril les stations orbitales sur lesquelles vivent désormais les humains. Mais les producteurs ont su s’adapter à la contrainte d’un long-métrage de cinéma, en évitant des scènes d’exposition excessivement longues (et dommageables au niveau du rythme).

Itsuwari no utahime saura plaire au fan comme au néophyte, en offrant un séjour bref, mais intense, en plein coeur de la saga Macross Frontier. Les personnages sont fidèles à leur alter-ego de la série. Les spectateurs se déchireront une nouvelle fois pour savoir qui, de Ranka ou de Sheryl, devrait avoir les faveurs d’Alto. Un petit jeu auquel il est sympathique de se prêter. Justement, Sheryl illumine la scène, avec de nouvelles chansons qui restent en tête longtemps après le générique de fin (Universal Bunny, Obelisk) et des mises en scène flamboyantes (à l’image de la transformation de son auditorium de concert en navire de proue).

Jaquette du CD Universal Bunny par Sheryl Nome/May'n, sorti peu avant le premier film de Macross Frontier

Jaquette du CD Universal Bunny par Sheryl Nome/May'n, sorti peu avant le premier film de Macross Frontier

Une nouvelle fois, la franchise Macross Frontier fait ainsi l’objet d’une belle exploitation : un CD spécial, signé Sheryl Nome, avait fait son apparition dans les bacs japonais juste avant l’arrivée dans les salles du premier long-métrage. Et nous savons déjà qu’un autre album nous attend en décembre prochain, quelques mois avant la projection de la conclusion de la saga. “Commercial”, diront certains rabats-joies ? Oui, peut-être, mais pourquoi bouder son plaisir quand l’ensemble est si bien mené ? Et l’un des talents des Japonais se révèlent là : parvenir à faire vivre une franchise au-delà des seuls événements que représente la sortie d’un film ou d’un DVD. Des albums des personnages de la série, en passant par ceux des interprètes de ces mêmes personnages (May’n et Megumi Nakajima, qui ont entamé ainsi une belle carrière), sans oublier le DVD du concert “live” donné en l’honneur de l’univers, le public a pu profiter d’au moins une sortie notable chaque trimestre ! Cela fait maintenant plus de 4 ans que le volet “Frontier” s’est ouvert et parvient à conserver l’intérêt des fans. On espère que cela va durer, et qu’à l’instar de May’n (qui a donné un concert à Japan Expo 2011 et qui se produira à nouveau sur scène à Paris en septembre 2012), Megumi Nakajima, Māya Sakamoto ou encore Yōko Kanno rendront visite prochainement à leurs fans français.