Les 23h de la Bande Dessinée : dénouement et notes autour du scénario

Même si les 23h de la BD étaient finies, Rosalys a investi beaucoup d’énergie dans les dernières planches de notre histoire Workaholic. Vous allez désormais pouvoir découvrir le dénouement de l’intrigue. Assez parlé, place aux planches. On se retrouve plus bas pour évoquer mes intentions concernant le scénario de cette BD.

Planche n°13 de Workaholic, par Rosalys et Morgan Magnin

Planche n°14 de Workaholic, par Rosalys et Morgan Magnin

Planche n°15 de Workaholic, par Rosalys et Morgan Magnin

Planche n°16 de Workaholic, par Rosalys et Morgan Magnin

Planche n°17 de Workaholic, par Rosalys et Morgan Magnin

Planche n°18 de Workaholic, par Rosalys et Morgan Magnin

Planche n°19 de Workaholic, par Rosalys et Morgan Magnin

Planche n°20 de Workaholic, par Rosalys et Morgan Magnin

Planche n°21 de Workaholic, par Rosalys et Morgan Magnin

Planche n°22 de Workaholic, par Rosalys et Morgan Magnin

Quatrième de couverture de Workaholic, par Rosalys et Morgan Magnin

Comme je l’ai précisé dans le feu de l’action, j’ai commencé les 23h de la BD en faisant des recherches autour du thème qui était proposé, à savoir “Légende urbaine”. Les premières minutes de réflexion ont vu mes idées partir dans tous les sens. J’ai toutefois réussi assez vite à dégager les lignes directrices de mon scénario. Voici la première version du synopsis telle que je l’ai soumise à ma dessinatrice à 13h45 :

Une société en informatique. Des gens qui travaillent beaucoup. Beaucoup de pression.
Il est tard. Une jeune femme de 30 ans fait des heures sup’. Elle va prendre un coca au distributeur (la question qui surviendra plus tard, c’est : est-ce vraiment du coca ?). Il y a de l’orage. Un fantôme lui apparaît. Lui dit de la rejoindre/lui fait prendre conscience que le travail la bouffe. Option comique possible : le fantôme avertit l’héroïne de la manière suivant “Attention, tu risques de te retrouver dans l’Enfer des Vierges après ta mort !” (référence à Stairway to Heaven).
Le lendemain, elle pose sa démission. Elle disparaît (planches 12-14/22). Ensuite beaucoup de “on-dit” au sein de l’entreprise. Suspense. Certains pensent qu’elle s’est suicidée.
Une légende urbaine se développe au sein de l’entreprise : “si on travaille avec trop d’acharnement, on risque de mourir.”
Dans les dernières planches, on apprendra ce qu’est devenue la jeune femme : elle prend le temps de vivre, s’est trouvée un ami et se lance dans l’illustration.
Quant à l’entreprise, elle est un peu moins à la pointe, mais est toujours viable. Les salariés travaillent un peu plus tranquillement.

Vous constaterez que certaines pistes ont été abandonnées (j’ai hésité à ajouterdes éléments comiques). D’autres se sont affinées. En particulier, je souhaitais proposer :

  • Une critique sur la société : en l’occurrence, dénoncer le productivisme forcené qui conduit certains individus à s’oublier. Un sujet proche de l’actualité, et plus particulièrement de la vague de suicides qui touche actuellement certains constructeurs automobiles. La pénibilité du travail et le stress auquel sont souvent exposés les salariés des grandes entreprises constituent des sujets de réflexion qui me tiennent à cœur ;
  • Une (brève) réflexion sur la manière dont se construit une “légende urbaine” (d’où l’importance des “on-dit”) ;
  • Un message optimiste ;
  • Du suspense : il s’agissait de piquer la curiosité de ceux qui liraient les planches une par une au fil des heures. Il me paraissait donc important d’entretenir le mystère quant aux causes de la disparition de l’héroïne ;

Je me suis ensuite attaché à affiner le synopsis, à mettre du liant entre les différents éléments… et à préciser, planche par planche, le découpage de l’histoire (ceci afin de bien maîtriser la contrainte des 22 pages). J’ai ensuite storyboardé les planches une par une en proposant un découpage en cases, en mentionnant précisément ce qui devait s’y passer et en écrivant les dialogues. Dans une BD, j’accorde beaucoup d’importance à la fluidité des propos tenus par les personnages – j’ai donc apporté un soin particulier à la façon de parler des héros de Workaholic.

L’apparition du “fantôme” en a surpris certains, jusqu’à ma dessinatrice. Mais il s’agissait d’un facteur de suspense qui m’était cher. En créant une ambiance un brin oppressante (avec orage et coupure d’électricité), je faisais un clin d’œil appuyé aux films de fantôme. Et pouvais ainsi faire croire à mes lecteurs qu’un spectre prenait vie sous les yeux effarés d’Amina.

Ce “gardien d’une terre maudite” existe-t-il vraiment ? Quelles sont ses véritables intentions ? Je tenais à laisser ces questions ouvertes. Car là n’est pas, de toutes manières, l’essence du récit. Qui plus est, le propre de nombreuses légendes urbaines est de reposer sur des faits relativement flous, équivoques. Plusieurs interprétations sont possibles et chaque lecteur a la possibilité de se faire son propre avis sur la question : Amina, de par sa grande fatigue, était-elle plus sensible pour entrer en contact avec des entités paranormales ? A-t-elle été simplement victime d’hallucinations ? Quelle est l’origine du “gardien” ? Pourrait-il être un esprit comme ceux qu’on croise dans les œuvres de Hayao Miyazaki (à l’instar des divinités du Voyage de Chihiro) ? Que souhaite-t-il protéger ?
Beaucoup de questions restent ainsi sans réponse, concourant à bâtir une rumeur bien au-delà de la seule disparition d’Amina.

Ces interrogations ne devaient toutefois pas parasiter le reste du message. D’où le soin accordé à la “transformation” d’Amina, à la fin de la BD. L’héroïne est passée très près d’un drame. Elle a retenu la leçon. Et elle est redevenue maîtresse de sa vie, de ses envies. Elle a recentré son existence sur ce qui a vraiment de l’importance pour elle. Un élément anecdotique parmi d’autres permettait de l’illustrer : désormais, elle prend le temps de boire du café. La trajectoire d’Amina nous invite ainsi à une certaine sagesse : ne pas s’oublier, savoir s’écouter quelles que soient les pressions extérieures.

Je conclurai en mentionnant simplement le grand plaisir pris dans cette aventure. Et la joie de voir mon histoire mise progressivement en images par Rosalys. Une expérience que j’espère avoir l’occasion de renouveler prochainement.

Les 23h de la Bande Dessinée heure par heure

Voilà, le coup d’envoi des 23h de la BD a été donné. Ce blog s’enrichira de nouveaux éléments au fil des heures de ce qui paraît l’un des challenges les plus insensés auxquels j’ai participé. Vous retrouverez chez Rosalys un autre point de vue sur cette expérience. Sans oublier le blog de l’événement, qui rassemblera les contributions des différents participants.

Plutôt que de créer un billet à chaque nouvel élément que je publierai, je mettrai à jour ce post. Quitte à en créer un second s’il devient trop volumineux.

Les quelques jours avant les 23h de la BD

On peut s’engager dans l’aventure des 23h de la BD sur un coup de tête, un moment de folie. On doit toutefois prendre quelques précautions préparatoires avant que ne vienne le jour J. Quelques éléments, en vrac, mais qui ont leur utilité :

  • prévenir les amis : pour qu’ils suivent votre participation, pour qu’ils comprennent votre indisponibilité du week-end, pour qu’ils vous encouragent au moment où vous serez sur le point de baisser les bras ;
  • vérifier que le frigo est rempli et, si non, prendre soin de faire les courses : il n’est en effet pas forcément indispensable de se mettre dans des conditions spartiates pour créer ;
  • préparer le billet de blog qui rassemblera les informations relatives
  • rassembler les éléments de documentation et informatiques auxquels vous pensez recourir ;
  • passer une bonne nuit de sommeil la veille ;
  • prévoir un plan d’action (méthode de travail, coordination avec sa dessinatrice, etc.)
  • ne pas se mettre trop de pression : on est là avant tout pour s’amuser !

En marge de ces préparatifs, j’ai pris le parti de m’entraîner à développer, à la volée, des histoires sur 22 planches (en indiquant juste les grandes lignes de l’intrigue) afin de ma familiariser avec le format en question. Pour cela, je suis parti de thèmes qui me sont venus spontanément à l’esprit (l’enfer, road movie, les jeux olympiques, …) et ai laissé mon imagination faire le reste.

Allez, je vous laisse, il est temps que je troque mon pyjama pour enfiler un vêtement plus décent !

13h-14h : la première heure et l’arrachage de cheveux en découvrant le thème

C’est à 12h58 que je découvre le sujet sur le forum de Foolstrip : légende urbaine.
Pendant une dizaine minutes, je maudis (gentiment) Vincent Demons, à l’origine de ce thème. Je cherche des documents autour des légendes urbaines sur Wikipedia. Je relève un élément intéressant : une légende urbaine se caractérise par trois éléments principaux, une petite histoire, l’authentification de celle-ci par la convocation de témoignages et une interprétation du monde. Je parcours diverses légendes urbaines, je réfléchis à celles que je connais. D’emblée, une image s’impose dans ma tête : celle de Paranoia Agent, la série animée de Satoshi Kon, qui est justement centrée sur la construction d’une légende urbaine et sur sa propagation.

Je jette sur le papier des éléments de référence variés, allant de la bosse de la Fée Carabosse d’Iznogoud aux prises d’arts martiaux provoquant la mort à retardement en passant par le schéma narratif de la Fille des Enfers.

Et tout s’enchaîne, une idée fait jour, cohérente avec le genre d’histoire que Rosalys et moi avions convenu d’écrire (je maintiens le suspense sur cette question). Je griffonne un premier synopsis, je le partage avec Rosalys qui trouve l’idée intéressante. Elle me propose une idée de couverture et de quatrième de couverture sur lequel elle va pouvoir se mettre à travailler pendant que je vais développer le scénario. Roulez jeunesse !

14h-16h : Synopsis détaillé et première planche

Je suis en plein dans la rédaction du synopsis détaillé et du découpage de l’histoire en 22 planches. Pendant ce temps, Rosalys s’est attaquée à la page de titre… et qui dit “page de titre” dit “titre”. De manière surprenante, je suis arrivé assez rapidement à une accroche qui nous convenait à tous deux. Petit panorama cependant de ce à quoi vous avez échappé : Le travail dans la peau, Work or Die, Travailler tue, Travailler nuit gravement à la santé, … Workaholic s’est imposé naturellement.

Sans déflorer le scénario, sachez juste que l’intrigue met en scène une jeune femme de 30 ans, véritable accroc au travail. J’ai choisi un sujet qu’on peut raccorder à des événements ayant défrayé la chronique ces derniers mois dans la presse. Vous en saurez bientôt plus.

En attendant, je vous invite à découvrir la page de titre que vient de terminer Rosalys. N’hésitez pas à laisser des commentaires sur nos blogs pour nous donner du cœur à l’ouvrage !

La page de titre de Workaholic

16h-18h : Zone trou noir

Les deux heures en question sont passées à une vitesse folle. J’ai bouclé le synopsis détaillé et ai démarré le découpage et les dialogues planche par planche. J’ai d’ailleurs d’ores et déjà fourni à Rosalys la base pour la véritable planche n°1. À découvrir bientôt. Pendant ce temps, la charmante dessinatrice avec laquelle je travaille a réalisé le quatrième de couverture. Il est terminé mais… vous ne le découvrirez qu’à la fin des 23h ! Pour ma part, je me suis payé le luxe (bienvenu) d’un petit tour dehors, histoire de nous ravitailler en cookies de la Boulangerie d’Honoré (la précision est d’importance). Nous devrions avoir assez de sucre pour tenir la nuit.

Sur ce, j’y retourne, j’ai du pain sur la planche.

18h-20h : La motivation est là

Le temps s’écoule vraiment plus vite qu’à l’accoutumée pendant ces 23h de la BD. C’est hallucinant. Je boucle le storyboard des planches 2 et 3 tandis que Rosalys termine la première planche. Nous rentrons donc désormais dans l’histoire. Vous pouvez donc découvrir le genre que Rosalys et moi avons choisi pour notre contribution. Nous nous inspirons du jôsei manga (manga pour jeunes femmes adultes à l’instar de Complément Affectif, Pink ou Body & Soul), tant dans les thématiques abordées, la construction narrative que le dessin. Pour le moment, l’intrigue semble éloignée des légendes urbaines… mais l’habit ne fait pas le moine. Nous vous préparons quelques surprises. J’ai hâte de lire le retour des lecteurs. Merci aux quelques amis qui nous ont activement manifesté leur soutien, cela nous fait chaud au cœur !

Et maintenant… la planche n°1 :

Planche n°1 de Workaholic, par Rosalys et Morgan Magnin

20h-23h : prise de conscience

Après un dîner pris sur le pouce préparé par mes soins, nous nous remettons au travail. J’avance dans le découpage des planches ; celui-ci coule relativement de source et je suis surpris de la facilité avec laquelle je parviens à l’exécuter. Il faut avouer que cela fait déjà plusieurs mois que je réfléchis à la manière d’utiliser les codes du jôsei manga. Autrement dit, ma réflexion technique sur le sujet a eu l’occasion de mûrir, en dépit de mon inexpérience dans la création de bandes dessinées. À l’heure où j’écris ces lignes, le storyboard des planches 4 à 8 est prêt. Je m’approche lentement mais sûrement de la fin de la première partie de l’histoire (qui est décomposée en trois “mouvements”). Je ne peux d’ailleurs toujours pas en dire plus sur les motivations scénaristiques qui me guident, au risque de vous gâcher le plaisir de la découverte.

Rosalys a quant à elle terminé la planche n°2 (d’abord publiée sur son blog, et que je vous livre désormais ici) et est en train de peaufiner la troisième. Les planches n’ont pas encore été publiées sur le blog officiel des 23h de la Bande Dessinée. J’imagine que les “petites mains” (courageuses) qui assurent la mise en ligne des planches sur le site en question sont un brin débordées.

Je termine ce bref compte-rendu en évoquant la prise de conscience, survenue au cours de ces heures, quant à la folie de l’entreprise. C’est là, quand on travaille sur les planches 5 ou 6 sur 24 qu’on se rend compte de la somme de boulot que tout cela représente. On vacille momentanément en se demandant si on arrivera au bout. Dans de tels moments, je dois avouer que mon expérience en matière d’écriture d’articles ou de mémoires m’est bien précieuse : je sais comment me “gérer” dans ces moments de doute et je repars rapidement à la charge.

La planche 2 :

Planche n°2 de Workaholic, par Rosalys et Morgan Magnin

Et, en avant-première, la planche 3 :

Planche n°3 de Workaholic, par Rosalys et Morgan Magnin

23h-02h : premiers signes de fatigue

Vers 23h30, histoire de faire un court break, Rosalys et moi mangeons une clémentine (notre deuxième de la soirée). Je réserve les traitemens plus riches en sucre (cookies et autres viennoiseries) pour plus tard dans la nuit ou, mieux, pour la matinée. Je storyboarde ensuite les planches 9 à 14. Mine de rien, un cap symbolique vient d’être franchi en ce qui concerne mon travail de scénariste : j’ai terminé le premier mouvement de l’histoire… et j’ai dépassé la moitié des 22 planches à livrer au final. Rosalys maintient elle aussi le rythme pour ce qui est du dessin. Elle réalise la 4e planche… et me maudit au passage. J’ai en effet eu l’idée de placer une canette de soda sur cette planche, canette qui lui aura pris un temps certain à dessiner, tout comme les distributeurs de boissons et nourriture. Rosalys me dit que c’est la planche la moins amusante qu’elle ait eu à dessiner depuis le début des 23h. Et elle n’a pas de chance, la pauvre, car la fameuse canette de soda va revenir en guest star sur une prochaine planche, la neuvième pour être exact : la canette va tomber par terre suite à un geste non-contrôlé de notre héroïne Amina. Mais qu’est-ce qui peut provoquer une telle maladresse de la part d’un personnage qui a l’habitude d’être forte et de tout contrôler ? Vous le découvrirez dans les prochaines heures. Mais vous pouvez d’ores et déjà faire des paris !

Nous avançons dans la nuit et nous commençons à ressentir les premiers signes de fatigue : Rosalys ressent quelques douleurs aux muscles tandis que j’ai les yeux qui picotent. Heureusement, nous avons encore des techniques secrètes en réserve pour tenir le coup : une canette de Redbull pour Rosalys, une bonne douche chaude pour moi. Nous avons également remis le chauffage en route, histoire d’être pleinement à l’aise.

Quant à ceux qui ont choisi de faire nuit blanche pour suivre nos aventures jusqu’à la mi-journée, qu’ils n’hésitent pas à visiter régulièrement le site officiel des 23h de la BD. On voit de bien jolies choses se construire peu à peu !

Et maintenant, la planche n°4 :

Planche n°4 de Workaholic, par Rosalys et Morgan Magnin

02h-08h : une longue nuit

Vers 4h du matin, l’exercice devient difficile. Il fait noir, on a sommeil pour peu que, comme moi, on ait eu des nuits relativement courtes au cours de la semaine. Et puis, quand vient le moment où le jour s’éclaircit, on sent qu’on tient le bon bout. Qu’on va aller au bout de l’aventure.

C’est pendant cette période de 6 heures qu’on a perdu une heure. Comptez donc qu’il m’a fallu 5 heures pour storyboarder les planches 15 à 22 (tandis que Rosalys assurait la mise en image d’une planche par heure, une belle performance !). L’ultime planche m’a demandé, à elle seule, une bonne heure. Il faut dire qu’elle a une importance certaine : c’est elle qui clôt l’intrigue, il importe donc qu’elle le fasse en toute cohérence avec les éléments introduits plus tôt. Et voilà, à 7h42, j’avais fini ma part du travail. Je crois que je ne réalise pas encore tout à fait qu’en moins de 24 heures, j’ai donné naissance à un scénario de 22 planches, sur un thème imposé. Pour moi qui jusqu’alors, en écriture créative, ne m’était jamais imposé de contrainte, c’est une sacré satisfaction.

Le plaisir de ces heures est de voir Rosalys donner corps au scénario et aux planches que j’ai écrits pour elle. Toute l’histoire a été conçue de sorte à entrer en résonance tant avec son trait que ses préoccupations. En cela, je mets en pratique mes convictions en matière de “rencontre” entre un dessinateur et un scénariste.

Pour tenir le coup et passer la nuit, Rosalys a consommé sa canette de Redbull. Je m’apprête à prendre un petit-déjeuner raisonnable, histoire de ravitailler mon cerveau en sucres. Et c’est maintenant, plus que jamais, qu’il faut soutenir Rosalys dans la dernière ligne droite !

Place aux planches 5 à 9 :

Planche n°5 de Workaholic, par Rosalys et Morgan Magnin

Planche n°6 de Workaholic, par Rosalys et Morgan Magnin

Planche n°7 de Workaholic, par Rosalys et Morgan Magnin

Planche n°8 de Workaholic, par Rosalys et Morgan Magnin

Planche n°9 de Workaholic, par Rosalys et Morgan Magnin

08h-12h30 : mort de fatigue

Alors qu’habituellement, je suis incapable de dormir si l’obscurité ne règne pas ou s’il y a du bruit autour de moi, je dois avouer m’être affalé comme une loque à 9h30 et avoir sombré dans les bras de Morphée. La fatigue liée à la nuit blanche s’additionnant avec les celle des derniers jours, je me suis endormi laissant Rosalys seule à la barre pendant quelques heures (heureusement que j’avais terminé de scénarisé Workaholic !). Celle-ci mérite toute notre admiration pour réussir à poursuivre le dessin des planches envers et contre tout.

Quant à moi, c’est décidé : la prochaine fois, je fais un stock préalable de Redbull (quand on sait comme le café fait effet sur moi, j’imagine que je ne dormirai plus pendant 5 jours après avoir ingéré une canette !).

Voici donc trois nouvelles planches. La planche 11 vient clore le premier mouvement de notre histoire, de manière assez ouverte. On ne sait pas trop quel est l’être mystérieux qui a fait irruption devant Amina, ni quelles sont ses intentions. Tout ce que l’on constate, c’est que les événements tournent mal pour notre héroïne.

Nous allons maintenant rentrer dans le second mouvement du scénario, celui des “on-dit”. À suivre !

Planche n°10 de Workaholic, par Rosalys et Morgan Magnin

Planche n°11 de Workaholic, par Rosalys et Morgan Magnin
Planche n°12 de Workaholic, par Rosalys et Morgan Magnin

13h : et après ?

13h est ensuite bien vite arrivée. Lorsque l’heure “limite” est arrivée, Rosalys était en train de dessiner sa seizième planche. Certes, nous ne sommes pas parvenus à boucler dans les temps. Mais nous sommes vraiment heureux d’avoir participé à cette aventure.

L’après-midi nous a permis de souffler, de nous reposer et de dormir (un peu). Nous en avions bien besoin. Rosalys continue actuellement de travailler sur Workaholic pour fournir, en début de semaine, les planches manquantes. Vous découvrirez donc très bientôt la fin de notre histoire. Vous en saurez plus sur ce fameux “gardien” qui est apparu devant Amina, sur l’entreprise à laquelle notre héroïne appartenait, … Vous verrez également plus clairement là où je souhaitais en arriver en termes de “légende urbaine”. Je vais donc vous laisser sur un teaser : rendez-vous lundi ou mardi pour la mise en ligne des dernières planches de Workaholic et de mes notes d’intention en tant que scénariste ! Stay tuned, comme on dit.

D’ici là, je remercie toute l’équipe d’organisation des 23h de la BD, Turalo, Piak, Foolstrip, l’Atelier Pop, les “petites mains” qui ont joué les “metteurs en ligne”, tous nos proches qui nous ont soutenu par un mail ou un commentaire. Et félicitations à tous les participants, j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir, au fil des heures, vos créations !

Les 23h de la Bande Dessinée, c’est ce week-end !

Ce week-end verra se tenir deux événements notables.

Nous passerons à l’heure d’été (difficile de croire que nous sommes au printemps étant donné le temps en France actuellement). À 3h du matin dimanche 30 mars, il sera exactement 4h du matin.

Et se tiendront en parallèle les 23h de la Bande Dessinée, sur un principe similaire aux 24h de la BD (qui se sont déroulées, ces deux dernières années, juste avant le Festival International de la BD d’Angoulême). L’idée est de produire 24 planches de BD en un temps donné (ici 23 heures, puisque nous perdrons 60 précieuses petites minutes lors du changement d’heure ), avec un thème imposé, connu uniquement à partir du démarrage de la manifestation. Des auteurs d’un peu partout à travers la France (et même l’Europe) vont participer. Le projet est coordonné par l’Atelier Pop ; le sujet sera proposé quant à lui par Vincent Demons, directeur artistique des prometteuses éditions en ligne Foolstrip.

J’ai été embarqué dans l’aventure par Rosalys en tant que scénariste. Je vais donc sauter le pas, depuis toutes les histoires griffonnées et restées jusque là dans un tiroir à un scénario écrit spécialement pour l’occasion et qui sera mis en images et exposé au grand jour. Un sacré défi en perspective !

De samedi 13h à dimanche 13h, je vous invite à visiter régulièrement le blog de Rosalys et le mien pour voir se concrétiser progressivement ce défi un peu fou (nos billets seront complémentaires). Mais également le blog officiel des 23h de la Bande Dessinée pour découvrir de nouveaux auteurs, des idées certainement folles et originales et vivre un week-end au rythme de la création dessinée !

Suzuka T.1, de Kouji Seo

Couverture du premier tome de Suzuka de Kouji SeoSuzuka fait partie de ces innombrables comédies romantiques dont les adolescents japonais (mais aussi français) raffolent. Le manga décrit le quotidien d’un groupe de lycéens dont les principales pensées tournent autour de leurs préoccupations sentimentales. Yamato Akitsuki est venu de la campagne pour étudier dans un lycée tokyoite. Il loge dans la pension que tient sa tante, une pension où, excepté lui, ne vivent que de belles jeunes filles. À commencer par sa voisine de chambre, la mignonne Suzuka. Celle-ci s’entraîne quotidiennement pour devenir une championne d’athlétisme. Pour tenir des objectifs aussi élevés, il faut avoir un caractère bien trempé… ce qui n’empêche pas d’avoir quelques failles et de parfois chercher une épaule sur laquelle se reposer. Et si Yamato était le garçon qu’il fallait pour Suzuka ?

Ce n’est certainement pas par son scénario ultra-classique que ce manga de Kouji Seo se distingue. Mais plus par ses dessins, très maîtrisés et dynamiques, qui plongent véritablement le lecteur dans cette vie à la nipponne. Il se dégage de Suzuka un parfum qui rappellera des souvenirs à tous ceux que Masakazu Katsura a fait rêver, dans les années 90, avec Video Girl Ai.

Suzuka est donc un titre à réserver à ceux qui aiment les triangles (voire les carrés) amoureux ou qui souhaitent simplement s’immerger dans une ambiance typiquement japonaise.

Suzuka T.1, par Kouji Seo
Série en cours (5 tomes parus en France, 18 au Japon)
Genre : comédie romantique
À partir de 14 ans
Éditeur : Pika

Mon avis : Pourquoi pas ?

Kuma Kuma T.1, de Yuki et Kaji

Couverture du premier tome de Kuma KumaLes éditions Ankama poursuivent leur travail de “découvreur de talents”. Avec Kuma Kuma, ils donnent leur chance à deux sœurs françaises, Yuki et Kaji, de s’exprimer et de développer leur histoire sur des volumes noir et blanc de 200 pages. Le scénario est d’actualité puisqu’il focalise sur la frontière entre réalité et virtualité dans le domaine des jeux vidéos en ligne. Au début de l’ouvrage, deux sœurs achètent un jeu étrange dans un magasin lugubre semblant avoir surgi de sous terre pour l’occasion. En pénétrant dans l’univers du jeu, elles vont découvrir que le réel et le virtuel sont intimement liés.
Le scénario, misant pour l’instant sur le suspense et l’aventure, tombe malheureusement un peu à plat. Si la série sort du lot, c’est surtout de par son identité visuelle et la personnalité de ses dessins. “À tester avant d’acheter”, pour reprendre une expression souvent utilisée dans les magazines de jeux vidéo.

Kuma Kuma T.1, par Yuki et Kaji
Série (en cours) : un seul tome paru pour le moment
Genre : aventure
À partir de 13 ans
Éditeur : Ankama

Mon avis : Dispensable