Vis-à-vis T.1, de Miya

Couverture du premier tome de Vis-à-vis, de MiyaDans le petit monde du shôjô manga (i.e. à destination des adolescentes) à la française, Jenny (auteur de Pink Diary) paraissait jusqu’à maintenant bien seule. Depuis peu, elle a été rejointe par Miya qui signe, chez Pika, un titre tout-à-fait prometteur.

Vis-à-vis narre le quotidien d’Élodie, jeune étudiante sans le sou, qui décide de devenir gardienne d’immeuble pour gagner un peu d’argent. Une fonction grâce à laquelle elle va pouvoir se rapprocher de l’un de ses locataires : Daniel, jeune styliste prometteur au physique d’Apollon. Peut-être trouvera-t-elle à son contact le sens de sa vie ?

Ne nous voilons pas la face : je suis tombé sous le charme de ce premier tome. Rien de révolutionnaire pourtant. Mais Miya maîtrise son sujet et sait rendre ses personnages attachants en dépit de leurs (parfois gros) défauts. Les dessins sont réussis et ont leur petite personnalité. Les quelques passages en SD apportent un peu de dynamisme comique à l’ensemble. On sent que la jeune auteur s’est beaucoup investie afin de nous offrir une œuvre la plus divertissante possible. Elle réussit brillamment son pari et pose des bases prometteuses pour la suite. Si, au début de l’histoire, Élodie est recalée de ses examens, Miya, elle, réussit son passage du milieu amateur au monde de l’édition professionnelle. Saluons, pour finir, les bonus de fin de volume qui constituent un plus intéressant et adapté.

Vis-à-vis T.1, par Miya
Série (en cours) : un seul tome paru pour le moment
Genre : comédie romantique
À partir de 13 ans
Éditeur : Pika

Mon avis : Recommandé

Souvenirs d’Amour T.1, de Kim In-ho

Couverture du premier tome de Souvenirs d’Amour, de Kim In-hoComment vivre avec le souvenir d’un amour intense malheureusement disparu ? Comment poursuivre son chemin alors que l’être aimé s’est arrêté sur le bas-côté ? Comment aller au-delà de la peine et du manque ? Voilà quelques-unes des questions qui se posent à Suna. Deux ans après le décès de Yonu, son premier et seul amour, elle doit reprendre les cours à l’université. Les murs de l’établissement sont habités par tant de souvenirs heureux qu’il est difficile, pour Suna, d’aller de l’avant. Alors quand elle croise la route de Junso, quelqu’un qui a bien connu Yonu de son vivant, elle ne peut s’empêcher de replonger dans une forme de nostalgie. Mais également d’éprouver une forme de joie à pouvoir en apprendre plus sur l’homme de sa vie. À mesure que la jeune femme approfondit les éléments nouveaux que lui apporte Junso, elle refait progressivement sien le présent. Peut-être qu’une fois le deuil accompli, il est possible de voir les sentiments renaître ?

Avec cette BD, Kim In-ho adapte le roman éponyme. Il prend toutefois quelques libertés avec le matériau originel et laisse ces personnages vivre leur vie. Le récit est touchant, sans jamais sombrer dans le mélodrame de bas étage. Les héros, au nombre de quatre, constituent un groupe haut en couleur, aux caractères bien trempés. C’est d’ailleurs un des talents de l’auteur que de donner autant de profondeur à des personnalités en apparence caricaturale.

Récit d’un amour naissant, ces Souvenirs d’Amour ne laissent pas indifférents, surtout en ces périodes de St Valentin. Une réussite dont on découvrira le dénouement avec beaucoup d’intérêt dans le prochain tome !

Souvenirs d’Amour T.1, par Kim In-ho
Série terminée en 2 tomes (1 tome paru en France)
Genre : amours adultes, deuil
À partir de 15 ans
Éditeur : Casterman
Collection Hanguk

Mon avis : Très recommandé

Zoom : Ruan Yunting (aka Rain)

Ruan Yunting (alias Rain) : une artiste chinoise à découvrir !

Les festivals sont des lieux privilégiés pour de sympathiques découvertes ou de belles rencontres. Le Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême a parfaitement rempli son office en la matière. J’ai déjà eu le loisir d’évoquer, dans un précédent billet, mes coups de cœur. Aujourd’hui, je souhaite donner un coup de projecteur sur une artiste chinoise qui officie à la fois dans le cinéma d’animation et la bande dessinée : Ruan Yunting, aussi connue sous le pseudonyme de Rain. Rosalys et moi sommes tombés sous le charme de son talent, mais également de sa gentillesse.

Signing session of Rain at Angoulême’08Coïncidence amusante : c’est en parcourant le programme édité spécialement pour l’occasion par la délégation chinoise que j’ai pris conscience que j’avais déjà eu un premier contact avec l’œuvre de cette auteur. En effet, je fais partie du millier de Français qui ont vu son court-métrage, White Snake, dans le cadre de la compétition officielle du Festival International du Film d’Animation d’Annecy, en 2007 !

Arrêtons-nous donc rapidement sur le parcours de Rain. Elle signe sa première bande dessinée, intitulée Moonlight Eyes, en 1997. Ses illustrations, particulièrement appréciées, lui valent alors de participer à plusieurs manifestations se déroulant en Chine autour de la bande dessinée. En 2004, Ethereal Wings, un recueil de ses principaux travaux, voit le jour : il s’agit là d’un très bel ouvrage, mettant particulièrement en valeur la finesse du trait de l’artiste. Dans la foulée, Rain s’envole pour le département cinéma et animation de la Rhode Island School of Design. Elle y reste en 2004 et 2005. Ses illustrations gagnent alors une reconnaissance internationale en étant notamment publiées dans des magazines japonais et américains.

Cover of Silent Rainbow, by RainAlors qu’elle travaille pour le cinéma d’animation, en réalisant notamment White Snake (un court évoquant un serpent qui a mis 1000 ans à devenir l’incarnation ultime de la beauté et qui tombe amoureuse d’un homme rencontré près d’un lac), elle poursuit son investissement dans l’univers de la bande dessinée. En 2007, elle publie un sublime roman graphique, Silent Rainbow. Celui-ci rassemble plusieurs nouvelles, donnant l’occasion à Rain de dévoiler toute la palette de ses talents. L’histoire principale, Crowded Eden, y est développée via la juxtaposition de textes et de dessins en bichromie noir et blanc (sans trame). Les deux courts récits qui terminent le livre, Daydreaming et Never Ever, sont, quant à eux, en couleurs. L’ensemble est agrémenté d’illustrations de l’auteur (notamment autour des signes zodiacaux), donnant à l’album un petit air de livre d’art.

Picture drawn by Rain at one of her signing sessionActuellement enseignante au sein du département animation de la China Academy of Art, Rain nous a toutefois confié qu’elle espérait avoir le temps, prochainement, d’approfondir son expérience en BD. Et même si aucun de ses ouvrages n’est encore paru en France, Rain fait véritablement partie des dessinatrices de premier plan en Chine. Elle maîtrise parfaitement l’aquarelle et le dessin à l’encre de Chine. Utilisant à merveille ces deux techniques, elle parvient à conférer à ses illustrations une beauté aérienne et raffinée. Il ne nous reste plus qu’à croiser les doigts pour que ses oeuvres soient prochainement éditées dans la langue de Molière !

Pour en savoir plus sur cette artiste, je vous conseille bien évidemment de consulter le site personnel de Rain, cette galerie rassemblant une sélection de ses récentes illustrations, mais également de prendre connaissance de cette sympathique interview.

Ruan Yunting (aka Rain): a chinese artist you must discover!

Festivals are the perfect place to discover exciting books and films and to meet promising artists. Last January, I attended the International Comics Festival of Angoulême: this was a very good opportunity to have a look at the diversity of world wide comics. In a previous post (unfortunately only available in french), I discussed about what appeals to me at most during this event. Today I would like to put a spotlight on a chinese artist that works on both animated films and comics: Ruan Yunting, aka Rain. Rosalys and I fell in love with her talent but also with her kindness.

Signing session of Rain at Angoulême’08Let’s begin with an amusing coincidence. While reading the art catalog of the chinese delegation at Angoulême, I realized that I already had a first contact with the works of this author. I am one of the thousand of french viewers that have seen her short-film, White Snake, during the competition of the International Animated Film Festival of Annecy in 2007!

Rain’s first comics, Moonlight Eyes, was published in 1997. Her pictures were appreciated by the public and then selected for exhibition in various events like the Hong-Kong East Asia Comic Summit in 2000 or the Animation and Comic Exhibition in Shanghai in 2001. In 2004, Ethereal Wings, a collection of her masterpieces, was released. It is a very beautiful book which really honors Rain’s sketches. The same year, Rain left China on an exchange program in the Film and Animation Department of Rhode Island School of Design. Her works then gained an international recognition, by being published in magazines in both Japan and America.

Cover of Silent Rainbow, by RainWhile she works on the animated short-film White Snake (the story of a snake who practices over 1000 years to become the perfection of female beauty and who falls in love when she meets a man by a lake), she pursues her efforts on comics. Last year, in 2007, Silent Rainbow, her latest graphic novel, was published. It compiles various short stories that give to Rain the opportunity to show all the diversity of her talents. The main story, entitled Crowded Eden, consists of texts combined with gorgeous black and white pictures. Oppositely, the last two stories (Daydreaming and Never Ever) are developed in full colors. The book is enriched with a wide range of illustrations (especially about zodiacal signs). Thus the album looks like an art book. Rain now works as a teacher at the animation department of the China Academy of Art. She nevertheless confided us she hopes to deepen her involvement in comics.

Picture drawn by Rain at one of her signing sessionNone of Rain’s books have already been published in France and that’s a pity. This artist belongs to the top of chinese illustrators. She masters watercolor and chinese ink painting. Thanks to these techniques, she achieves to give to her drawings an ethereal and sophisticated beauty. I cross my finger to see her works published in France in a near future.

If you’d like to know more about this artist, I advise you to visit her personnal website or this gallery that compiles some of her recent works. You may also enjoy this pleasant interview.

Beet the Vandel Buster T.9, de Riku Sanjo et Koji Inada

Couverture du neuvième tome de Beet The Vandel BusterBeet the Vandel Buster suscite en moi les mêmes sensations que Naruto : un shônen manga sympathique, respectant les codes du genre, une lecture agréable après une bonne journée de travail. Dommage que l’histoire repose sur des ressorts narratifs déjà maintes fois éprouvés, notamment dans Dragon Quest (Fly), des mêmes auteurs.

Ce neuvième volume est à l’image des précédents : il creuse l’univers et introduit de nouveaux personnages sans jamais, malheureusement, se distinguer par son originalité.

Beet the Vandel Buster T.9, par Riku Sanjô et Kôji Inada
Série en cours (9 tomes parus en France, 12 au Japon)
Genre : aventure, récit initiatique
À partir de 12 ans
Éditeur : Kana

Mon avis : Pourquoi pas ?

Love Fragments Shanghai, de Chaiko

Couverture de Love Fragments ShanghaiCertains auteurs de manhuas (BD chinoises) sont si doués en illustrations que leur art paraît fade dès qu’il devient séquentiel. Ce ne sont pas les personnes qui se sont laissées séduire par Butterfly in the air de Pocket Chocolate qui devraient me contredire : les couvertures sont sublimes mais la narration aurait clairement gagné à être étoffée.

Chaiko, jeune artiste chinois de 27 ans, évite ce travers en bâtissant Love Fragments Shanghai avec une patte très personnelle. Chacun de ses chapitres est construit comme un instantanée rendant compte de plusieurs histoires d’amour en devenir. Et chaque planche est découpée en une alternance de plans très cinématographiques et d’éléments de dialogue. En privilégiant ainsi la clarté de ses découpages à des effets de style surfaits, Chaiko atteint son but et emporte son lecteur dans ses récits amoureux. Où se croisent Lily, une jeune executive woman en quête d’un amour aujourd’hui disparu, et Wen, une top-model qui tombe dans les bras d’un homme marié pour tenter d’oublier sa relation passionnelle avec un photographe. Les individus se cherchent, s’effleurent, se trouvent.

Ces fragments d’amour visent juste. Et comme le suggère l’éditeur, on en vient à être ébahi qu’un auteur masculin fasse preuve d’autant de sensibilité pour décrire les rapports homme-femme. Une belle découverte !

Love Fragments Shanghai, par Chaiko
One-shot
Genre : amours adultes et recherche de soi
À partir de 15 ans
Éditeur : Xiao Pan

Mon avis : Chaudement recommandé !