Aperçu de Workaholic sur iPad

Parution de la première BD numérique d’Univers partagés sur iBookStore

La création de l’association Univers partagés reposait sur une volonté forte : défendre et promouvoir la création dessinée. Assez rapidement, un pan important de notre action s’est porté sur l’événementiel, avec la participation à différents événements ponctuels ou récurrents (CinéManga avec la Bibliothèque Municipale de Nantes ; Bulles de Mangas avec la FNAC de Nantes ; le pôle asiatique des Utopiales).

Alors que l’association va fêter ses 5 ans en 2012, Rosalys et moi avons souhaité explorer un nouveau champ, celui de l’édition (tant digitale que papier). Au programme, des oeuvres inédites qui paraîtront à partir du printemps. Depuis plusieurs mois, les projets avancent. Mais il est encore trop tôt pour vous en dire plus sur leur contenu et leur forme.

Les ouvrages exclusifs d'Univers partagés paraîtront dans les prochains mois.

Les ouvrages exclusifs d'Univers partagés paraîtront, au format papier et en numérique, dans les prochains mois.

Enthousiasmés tant par ces nouvelles perspectives que par l’effervescence dans le numérique, nous avons eu envie de donner aux lecteurs un avant-goût de notre futur catalogue. Profitant à la fois de cette période de passion autour de la BD que représente le festival d’Angoulême et de la sortie de iBooks Author, nous avons le plaisir de vous inviter à télécharger gratuitement, sur vos iPads, Workaholic (une version adaptée à d’autres liseuses sortira ultérieurement). Il s’agit d’un titre que nous avions réalisé dans le cadre des 23h de la BD 2008 (il est d’ailleurs possible de revivre l’événement heure par heure). En adaptant cette BD sur iPad, nous avons voulu lui fournir un écrin plus adapté à la lecture qu’un écran d’ordinateur.

Nous espérons que vous suivrez avec plaisir notre nouvel horizon !

Aperçu de Workaholic dans l'iBookStore

Aperçu de Workaholic dans l'iBookStore

Pour en savoir plus :

Phineas et Ferb

La série animée Phinéas et Ferb : la nouvelle réussite télévisuelle de Disney

Beaucoup ne perçoivent les activités de Disney qu’à travers ses longs-métrages, ses bandes dessinées (principalement Le Journal de Mickey, dont le lectorat est toutefois moindre que dans le passé) et ses parcs d’attraction. Pourtant, l’entreprise américaine a su diversifier ses productions au cours des quinze dernières années. Les années 90 ont marqué de nombreuses incursions sur le marché du “direct-to-video” (en témoignent les suites au Roi Lion, Aladdin ou encore Pocahontas sorties directement en VHS) et de la télévision. La gestion de chaînes de télévision nécessite de disposer de programmes adaptés à ce mode de diffusion. Ce qui passe par l’achat d’oeuvres extérieures, ou de produire ses propres séries et téléfilms. C’est le choix qu’a fait Disney, avec plusieurs réussites populaires : Lizzie McGuire, Hannah Montana ou encore High School Musical. Beaucoup de séries “live”… Disney aurait-il abandonné le champ des séries animées après les succès que furent La Bande à Picsou (Duck Tales), Tic et Tac, Rangers du Risque (Chip ‘n Dale Rescue Rangers) et Super Baloo (Talespin) ? Que nenni ! La meilleure preuve en est Phinéas et Ferb (Phineas and Ferb), en cours de diffusion sur Disney Channel.

Phinéas et Ferb, leur ornithorynque Perry, et Candice

Phinéas et Ferb, leur ornithorynque Perry, et Candice

Phinéas et Ferb repose sur un univers original, inventé par Dan Povenmire and Jeff “Swampy” Marsh. Sa diffusion a débuté en 2007. La série compte déjà plus de 100 épisodes (répartis en 3 saisons) et un téléfilm, sachant qu’une 4e saison est d’ores et déjà en préparation.

Depuis quelques semaines, je me suis pris d’affection pour ce titre résolument créatif et dynamique. Il s’avère à la fois très respectueux de la tradition “Disney” – de par la qualité de l’animation ou l’intégration de 1 ou 2 performances musicales dans chaque épisode – et moderne dans sa construction. Chaque épisode d’une vingtaine de minutes paraît, à première vue, suivre le même schéma : Phinéas et Ferb, deux demi-frères, regorgent d’idées pour occuper leurs vacances d’été et construisent une nouvelle invention géniale. Leur demi-soeur, Candice (Candace dans la version originale), s’évertue à faire prendre conscience à sa mère des frasques de ses frères. Pendant ce temps, leur ornithorynque, Perry part mener sa double-vie : en effet, il est un agent secret chargé de contrer les plans du savant (pas si) maléfique, le Docteur Heinz Doofenshmirtz. Les deux trames se développement généralement en parallèle, pour se rejoindre. Sans jamais que Phinéas et Ferb ne réalisent les occupations de Perry. Et Candice échoue toujours à convaincre sa mère des activités de ses frères.

Ce schéma récurrent pourrait s’essouffler. Mais les scénaristes font preuve d’une inventivité à toute épreuve (bien malin celui qui peut prédire le dénouement de chaque aventure). Et savent s’amuser avec les attentes du spectateur, quitte à le dérouter (à l’instar de l’épisode où Candice finit par ouvrir les yeux de sa mère sur les actions de Phinéas et Ferb)… Mais cela se fait toujours dans la bonne humeur et dans un grand respect de l’ambiance de la série. Les chansons sont distillées à bon escient et, comme toujours avec Disney, adaptées très fidèlement en français.

Perry l'ornithorynque, Phinéas et Ferb dans le téléfilm qui leur est dédié.

Perry l'ornithorynque, Phinéas et Ferb dans le téléfilm qui leur est dédié.

Cette réussite générale trouve son point culminant dans le téléfilm Phinéas et Ferb, le film : Voyage dans la deuxième dimension (Phineas and Ferb, the Movie: Across the 2nd Dimension). À noter qu’un long-métrage pour le cinéma est prévu pour 2013. Mais pour en revenir au téléfilm, celui-ci dure 1h17 et a été diffusé en 2011. Il fait bouger quelques lignes dans la structure de la série, notamment en ce qui concerne le caractère des personnages (on comprend mieux l’état d’esprit de Phinéas) et leur passé. Pouvant être vu indépendamment de la série, il regorge toutefois de nombreux clins d’oeil à de précédents épisodes. Surtout, il bénéficie de moyens supplémentaires et s’avère une parfaite illustration de ce que cet univers a de meilleur à donner.

Oeuvre de fiction, Phinéas et Ferb n’en est pas moins ancrée dans notre époque : Phinéas, Ferb et Candice vivent dans une famille recomposée. Le docteur Doofenshmirtz, pour sa part, est divorcé et accueille parfois sa fille Vanessa avec qui il entretient une relation compliquée. “La vie a beau être difficile parfois, l’important est de continuer à savoir s’amuser“, tel est l’un des messages que distille la série. Un propos qui fait du bien dans un monde qui cède de trop au cynisme.

Il y aurait encore beaucoup à dire sur ce titre, à l’instar de la présence d’Ashley Tisdale et Mitchell Musso dans l’équipe de doublage de la version originale, le charisme fou de Perry l’ornithorynque, etc. Mais, pour conclure, je dirais juste que ce n’est pas un hasard si Phinéas et Ferb a reçu un Emmy Award pour son écriture. En effet, ce titre est issu d’une maturation de plus d’une quinzaine d’années chez ses deux créateurs. Qui plus est, il bénéficie du savoir-faire de Disney en termes de réalisation. Un diamant à l’état brut qui ne demande qu’à être plus largement découvert en France !

Fan-art de Perry l'ornithorynque, mon personnage préféré, par Rosalys

Fan-art de Perry l'ornithorynque, mon personnage préféré, par Rosalys

PS pour ceux qui auraient envie de se plonger dans les aventures de Phinéas et Ferb :

Extrait de la couverture de l'édition Shinzôban de Codename: Sailor V

Mise à niveau des effets graphiques de Codename: Sailor V pour la nouvelle édition du manga (Shinzōban)

Mise en vis-à-vis de l'ancienne édition française (à gauche) et de l'édition Shinzôban américaine (à droite) de Codename: Sailor V.

Mise en vis-à-vis de l'ancienne édition française (à gauche) et de l'édition Shinzôban américaine (à droite) de Codename: Sailor V.

Après avoir évoqué les évolutions apportées par Naoko Takeuchi aux planches originales de Sailor Moon pour l’édition Shinzōban, il est naturel de se pencher sur le cas de Codename: Sailor V. D’autant plus qu’en France, les nouvelles éditions de ces deux mangas paraîtront simultanément chez l’éditeur Pika à partir de juillet 2012.

Rappelons que le manga Codename: Sailor V est la préquelle de Sailor Moon. Il s’intéresse à une jeune fille pleine d’énergie, mais un peu tête de linottes, Minako Aino. Un personnage que l’on retrouvera plus tard dans Sailor Moon et qui deviendra Sailor Venus.

Codename: Sailor V a débuté en 1992 quelques mois avant Sailor Moon… et se terminera quelques mois après la fin du titre culte de Naoko Takeuchi. En effet, les deux titres se sont développés en parallèle, jusqu’en 1997 : Codename: Sailor V était publié dans le magazine Run Run, tandis que Sailor Moon faisait les beaux jours de Nakayoshi.

Sailor Moon a toujours bénéficié de plus d’attention que Sailor V, et cela transparaît de nouveau dans l’édition Shinzōban (ou Renewal Edition). Si la nouvelle édition de Sailor Moon témoigne de modifications conséquentes sur les cases du manga, celle de Codename: Sailor V ne se concentre que sur une mise à jour des effets graphiques.

Comparaison de l'ancienne édition française (à gauche - publiée dans le sens "français") et de l'édition Shinzôban américaine (à droite - publiée dans le sens "japonais") de Codename: Sailor V : on constate une modernisation du tableau des scores du jeu auquel Minako aime jouer.

Comparaison de l'ancienne édition française (à gauche - publiée dans le sens "français") et de l'édition Shinzôban américaine (à droite - publiée dans le sens "japonais") de Codename: Sailor V : on constate une modernisation du tableau des scores du jeu auquel Minako aime jouer.

Ici, Naoko Takeuchi a effectué des changements plus légers, principalement sur les trames. Si cela ne remet évidemment pas en cause le bien-fondé de cette réédition, cela souligne encore une fois combien le travail sur Sailor Moon est exceptionnel et digne d’intérêt !

Comparaison de l'ancienne édition française (à gauche - publiée dans le sens "français") et de l'édition Shinzôban américaine (à droite - publiée dans le sens "japonais") de Codename: Sailor V : les différences concernent les trames et la nouvelle édition apporte des modifications au niveau des "effets spéciaux".

Comparaison de l'ancienne édition française (à gauche - publiée dans le sens "français") et de l'édition Shinzôban américaine (à droite - publiée dans le sens "japonais") de Codename: Sailor V : les différences concernent les trames et la nouvelle édition apporte des modifications au niveau des "effets spéciaux".

Extrait de la couverture de l'édition Shinzôban de Sailor Moon

Refonte graphique des planches de Sailor Moon pour la nouvelle édition du manga (Shinzōban)

Jusqu’à maintenant, j’étais convaincu que la version Deluxe (ou Shinzōban, ou Renewal Edition) de Sailor Moon – celle-là même qu’éditera Pika à partir du mois de juillet – contenait “seulement” de nouvelles couvertures, des illustrations supplémentaires et une réorganisation des chapitres. Mais cela va en fait bien plus loin que cela, comme je le découvre via une remarque de Saeko : en effet, Naoko Takeuchi a retravaillé nombre de ses planches !

Couverture du premier volume de l'édition japonaise Shinzôban de Sailor Moon

Couverture du premier volume de l'édition japonaise Shinzôban de Sailor Moon

Certaines planches contiennent des cases en plus, d’autres révisent les cadrages, ajoutent foules de petits détails (des étincelles, des éléments sur les armes ou dans les décors). Mais il arrive aussi que ce soit des personnages qui soient redessinés partiellement, voire entièrement. Ainsi on constate des corrections sur la posture de telle ou telle héroïne et même des refontes complètes de certains personnages, le temps d’une ou plusieurs cases.

Comparaison de l'ancienne édition française (à droite - publiée dans le sens "français") et de l'édition Shinzôban américaine de Sailor Moon (à gauche - publiée dans le sens "japonais") : la chatte Luna a été entièrement redessinée pour mieux correspondre au chara-design du personnage ; la case présentant le cristal d'argent connaît elle aussi le même sort.

Comparaison de l'ancienne édition française (à droite - publiée dans le sens "français") et de l'édition Shinzôban américaine de Sailor Moon (à gauche - publiée dans le sens "japonais") : la chatte Luna a été entièrement redessinée pour mieux correspondre au chara-design du personnage ; la case présentant le cristal d'argent connaît elle aussi le même sort.

Les Américains ont la chance de découvrir cette version Deluxe depuis le mois de septembre. En en lisant les premiers tomes “à froid” (c’est-à-dire plus de 10 ans après ma dernière lecture de l’édition française parue chez Glénat au milieu des années 90), je ne m’étais pas rendu compte de ces ajouts pourtant nombreux. La lecture m’était apparue fluide et le dessin aussi joli que dans mes souvenirs. Nul doute que les perfectionnements apportés par Naoko Takeuchi ont contribué à ce plaisir de lecture. Et cela renforce encore l’apport de cette nouvelle édition par rapport à la précédente !

Comparaison de l'ancienne édition française (en haut - publiée dans le sens "français") et de l'édition Shinzôban américaine de Sailor Moon (en bas - publiée dans le sens "japonais") : on observe l'ajout d'une case dans la séquence de transformation, ainsi qu'une refonte de la posture de Usagi et de son collier

Comparaison de l'ancienne édition française (en haut - publiée dans le sens "français") et de l'édition Shinzôban américaine de Sailor Moon (en bas - publiée dans le sens "japonais") : on observe l'ajout d'une case dans la séquence de transformation, ainsi qu'une refonte de la posture de Usagi et de son collier

Ces modifications montrent bien l’intérêt que Naoko Takeuchi porte à son oeuvre. Plus de quinze ans après avoir créé ce titre culte, elle est capable de prendre du recul par rapport à ses dessins, de les corriger et de les enrichir. Une démarche qui en rappelle d’autres, de Hideaki Anno qui revisite sa saga culte Evangelion via une série de quatre longs-métrages à Naoki Urasawa qui, lui aussi, a procédé à une refonte graphique du manga Monster pour sa parution en édition Deluxe, en passant par Akira Toriyama qui a remanié les 4 dernières pages de la fin de Dragon Ball pour l’édition Kanzenban. Décidément, les artistes japonais ne laissent jamais rien au hasard !

En 2012, l'Arc~en~Ciel réalisera une tournée mondiale qui passera par la France.

L’Arc~en~Ciel, groupe phare de la scène japonaise, fête ses 20 ans de carrière – 20th L’Anniversary Live

La toute récente sortie du coffret DVD consacré aux concerts du 20e anniversaire de L’Arc~en~Ciel me donne envie d’évoquer, en quelques mots, ce groupe phare du paysage pop/rock japonais. En effet, la popularité des artistes japonais est souvent difficile à appréhender pour le public occidental néophyte – la couverture médiatique hexagonale du concert de L’Arc~en~Ciel au Zenith de Paris en 2008 l’avait d’ailleurs malheureusement illustré (France 2 avait fait la faute de goût de comparer le groupe à Tokyo Hotel). Plusieurs raisons à cette incompréhension, notamment le manque d’efforts/d’intérêt des producteurs japonais pour le marché international. La situation a heureusement évolué depuis quelques années.

Mais j’en reviens à L’Arc~en~Ciel : déjà, le groupe impressionne par sa longévité (20 ans de carrière ponctués par nombre de tubes au Japon) et sa constance (voilà 15 ans que Hyde, Tetsu, Ken et Yukihiro font chemin commun). Il est capable de remplir des stades entiers en Asie, et rencontre un franc succès lors de ses (rares) prestations aux États-Unis (2004) ou en Europe (2008). La formation sait se jouer du temps. La participation à des génériques de dessins animés (GTO, Full Metal Alchemist, Mobile Suit Gundam 00) permet de rallier de nouveaux publics, mais est réalisée avec parcimonie. Surtout, le groupe s’octroie des hiatus dont la durée est pré-programmée et respectée avec une précision horlogère. C’est ainsi qu’en 2008, L’Arc~en~Ciel avait annoncé cessé son activité jusqu’aux 20 ans du groupe, afin de permettre à ses membres de développer leurs projets solos, ce que chacun fit (avec toujours plus ou moins de succès dans ce type d’entreprise – force est de reconnaître que c’est surtout Hyde, le chanteur du groupe, qui s’est fait remarqué avec sa formation Vamps).

En 2011, les revoilà donc tous les quatre ensemble, sur scène. Ce sont deux concerts très spéciaux qui se tiennent les 28 et 29 mai 2011 au Ajinomoto Stadium, à Tôkyô. Chacune de ces journées est consacrée à l’une des moitiés de carrière de L’Arc-en-Ciel. Les teru teru bōzu accrochés par le groupe (et que l’on aperçoit dans le générique de fin du DVD) n’y auront rien fait, il aura beaucoup plu au cours de ce “20th L’Anniversary Concert”. Cela n’aura pas empêché le groupe – et le courageux public – de répondre présent. La captation donne l’occasion de (re)découvrir les titres les plus marquants du groupe. Et a le grand mérite de nous permettre d’entendre une interprétation récente de titres qui peuvent avoir jusqu’à 20 ans d’âge. Il est du coup bien agréable de replonger ainsi dans la mémoire du groupe, ce qui permet à la fois de mieux mesurer le chemin parcouru et de se préparer pour le prochain concert parisien de L’Arc-en-Ciel, le 14 avril prochain !